Les dernières nouvelles sur l’état de santé du président de la République n’ont pas balayé les inquiétudes qui ont nourri les esprits depuis 45 jours.
Entre soulagement et désarroi, la classe politique est partagée. Les dernières nouvelles sur l’état de santé du président de la République, relayées par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, n’ont pas balayé les inquiétudes qui ont nourri les esprits depuis 45 jours. Certains partis se disent très rassurés. C’est le cas du FLN. Son constat ne peut être que positif. «Pour nous les informations, avec ou sans images, communiquées par le Premier ministre, sont rassurantes», a indiqué le chargé de communication du parti. Kassa Aïssi explique que ces déclarations sont une réponse directe à une demande de l’opinion publique qui voulait être informée sur l’état de santé du président. «Nous n’avons aucun doute sur ce qui est déclaré par le Premier ministre. C’est lui le responsable», a souligné M.Kassa pour appuyer son propos.
Le Parti des travailleurs (PT) est sur la même longueur d’onde. «Il n’y a pas de raison pour ne pas croire les déclarations du Premier ministre», assure le porte-parole du PT, Djelloul Djoudi. Pour lui, les déclarations du Premier ministre et le bilan de santé présenté par les médecins du président sont réconfortants et rassurent le peuple algérien. M.Djoudi ne cache pas, cependant, que la présence de l’image est plus rassurante. «On aurait aimé avoir des images mais on respecte la personne du président de la République», a-t-il fait savoir, précisant que cela ne pose aucun doute quant au retour du président de la République à ses fonctions. Pour les partis sympathisants, l’absence de l’image du chef de l’Etat ne constitue en aucun cas un motif pour semer le doute.
Une vision diamétralement opposée à celle des opposants qui voient les choses autrement. La visite rendue par le chef d’état-major de l’armée Ahmed Gaïd Salah et le Premier ministre Abdelmalek Sellal au président de la République et les déclarations de ce dernier n’ont pas coupé court à la polémique. Bien au contraire, les inquiétudes se sont davantage accentuées chez les opposants. Pour le président du FNA, Moussa Touati, la Constitution est claire. «Le président de la République ne peut pas avoir d’intermédiaires avec le peuple», a-t-il soutenu, en faisant référence à la Constitution. M.Touati qualifie de grave l’absence du chef de l’Etat du pays depuis 45 jours. «On ne peut plus discuter sur ça», a-t-il affirmé. Pour M.Touati, ni les images ni les déclarations ne justifient cette situation. «La loi c’est la loi, il faut respecter la Constitution», a-t-il martelé sans ambages. Même réaction chez le patron du Front de la justice et du développement (FJD).
Joint par téléphone, Abdellah Djaballah affirme que les déclarations (sur la santé du chef de l’Etat) n’ont rien apporté de nouveau. Après 45 jours d’absence du pays, M.Djaballah dit ne pas comprendre cette logique. «Il ne faut pas jouer avec les affaires du pays», a-t-il affirmé en précisant que l’intérêt du pays prime sur tout. Dans ce contexte, M.Djaballah demande l’application de l’article 88 de la Constitution. De nombreux partis ont appelé à l’application de cet article.
La déclaration du Premier-ministre Abdelmalek Sellal, faite mardi, se veut une réponse directe aux mauvaises langues. M.Sellal a indiqué, mardi soir à l’APS, avoir présenté, en compagnie du chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, «un point de situation générale sur le pays, au président de la République, M.Abdelaziz Bouteflika, qui se remet de son AVC». «Le président Bouteflika a très bien réagi et son état de santé semble correct», a affirmé M.Sellal en précisant que le chef de l’Etat «a donné des instructions et des orientations dans tous les domaines d’activités, notamment en ce qui concerne les préparatifs liés à l’approvisionnement des marchés durant le prochain mois de Ramadhan».
Lu sur L’Expression