A l’approche de l’élection présidentielle les revendications se multiplient. Ce matin les « rappelés », ou les MOB (éléments de mobilisation), ces algériens mobilisés durant la décennie noire pour lutter contre le terrorisme ont manifesté à Alger pour demander aux autorités de reconnaître leurs droits.
Ils étaient plus de 500 ce matin à manifester face à la Grande Poste à Alger au nom des droits des MOB. Indemnités, statut particulier… Les revendications étaient nombreuses chez les MOB. Arrivés à 6 heures du matin depuis plusieurs wilayas, les ex-appelés ont promis « de dormir sur place si cela est nécessaire pour se faire entendre ». Ils réclament une indemnité suffisante pour vivre et l’application des avantages prévus par la charte pour la paix et la réconciliation. Dans la foule beaucoup affirment avoir déposé un dossier, en vain, aucune indemnité ne leur a été attribuée pour subvenir à leurs besoins.
« Pas d’élections, on en a assez des élections » criaient les manifestants ce matin habitués aux promesses électorales. » Nous profitons de cette élection pour interpeller les autorités et les candidats à la présidentielle », explique un manifestant. Alors qu’un autre estime que la campagne est toujours le temps des promesses, mais n’aboutit jamais à une mesure concrète. « Lors de la campagne électorale de 2009, Abdelaziz Bouteflika nous avait promis un statut identique à Celui des moudjahid. Et maintenant? », s’interroge-t-il.
« Depuis 2010 nous réclamons nos droits. A l’époque nous avions déposé une plateforme en 11 points auprès des autorités. Nous l’avons envoyé à Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal… A qui doit-on encore s’adresser », s’exclame un homme dans la foule. Alors qu’un autre s’indigne pour les familles qui ont perdu un père ou un fils lors de la décennie noire. « Nos amis, nos frères sont-ils morts sous nos yeux pour rien? », crie-t-il.