L’Algérie, un pays intellectuellement pauvre et scientifiquement en retard ? Pas du tout ! Preuve en est, chaque année, des étudiants, ingénieurs et des chercheurs surmontent d’invraisemblables obstacles pour mettre au point de nouvelles inventions. Ces découvertes témoignent de la vivacité du génie algérien.
Des inventions algériennes de qualité sont, malheureusement, complètement occultées par les pouvoirs publics. Ces derniers ne fournissent aucun effort notable pour les intégrer dans la sphère économique et leur permettre de se concrétiser dans le cadre de projets d’investissements à même de créer des richesses et des emplois.
A titre d’exemple, durant l’année 2015, Fayçal Lakhdari, un chercheur de la wilaya de Ouargla, a épaté tout le monde avec son invention. Il a en effet conçu un modèle réduit d’avion radiocommandé pouvant servir notamment dans les travaux de relevés topographiques. Une invention très utile qui peut être utilisée dans des projets économiques. Toutefois, les autorités algériennes se sont contentées de lui accorder un chèque d’une valeur d’un (1) million de DA à l’occasion de la célébration de la Journée nationale de l’innovation. A quoi lui servira cette modique somme ? Ce chercheur n’a-t-il pas davantage besoin d’un accompagnement sérieux pour créer une entreprise pouvant générer des emplois et développer une nouvelle industrie ? Les hauts responsables ne se posent même pas ces question.
Dans la wilaya de Tipaza, une petite entreprise, dénommée SARL King Diagnostics, a développé, en dépit de ses moyens limités, dans son laboratoire un test de dépistage des drogues dans le corps humains à travers l’analyse des urines. Là encore, les autorités ont uniquement fait le geste de décerner aux chercheurs de cette petite entité un chèque de 800 mille Da ! Pourtant, il aurait été beaucoup plus judicieux d’accorder des financements, sous forme de crédits d’investissements, à cette entreprise pour faire bénéficier les hôpitaux algériens de cette nouvelle trouvaille.
A Sidi Bel-Abbès, une femme, Mme Ben Medouar Djamila, chercheure à l’université Djilali Liabès, a inventé un fil textile à base de fibre extraite de l’Alfa. Cette invention serait d’une « utilité » incontestable pour l’industrie du textile en Algérie, car « elle permettrait de produire les fils localement, à l’aide d’une matière première disponible en abondance dans le Sud et les Hauts-plateaux, ce qui réduirait l’importation de fils ». Mais qui est susceptible se mobiliser au niveau des acteurs économiques pour prendre en charge l’exploitation de cette invention à l’échelle industrielle ? Pour le moment, personne ! Et pendant ce temps, l’Algérie continue à importer du fil de l’étranger.
A Oum El-Bouaghi, un autre Algérien, Bouhraoua Djamel, a inventé un ‘ »stylo générateur de signaux carrés, électroniques et magnétiques pour capteur à effet de hall pour moteur automobile ». Lui aussi a été remercié, honoré, encouragé, mais son invention n’a pas connu de suites. Un gâchis. Ces inconséquences causent beaucoup de tort à l’économie algérienne. Quant à nos inventeurs, beaucoup d’entre eux, par lassitude, finissent par partir à l’étranger et faire les beaux jours des pays qui savent considérer la valeur d’un génie.