Assassins, pédophiles, tuez-les tous ! Et après ?

Redaction

Ces dernières 24 heures, on a beaucoup parlé de la peine de mort. Cette cruelle peine a été réclamée par la quasi-totalité des Algériens. La raison en est l’assassinat tragique de Brahim et Haroun. Ces enfants âgés d’à peine 10 ans et 9 ans ont été victimes d’une barbarie sans pareille. Étranglés, probablement violés et agressés sexuellement, le sort de ces deux enfants, dont les corps ont été retrouvés dans des sacs en plastique, a provoqué une tragédie nationale.

L’Algérie, une nation en pleurs depuis 24 heures parce qu’elle ne comprend pas. Elle ne comprend pas comment une telle horreur puisse se produire sur une terre irriguée par le passé de sang. Le sang de ces milliers de victimes du terrorisme et d’une guerre civile qui a stoppé la vie pendant au moins dix ans dans un pays, pourtant, joyeux et amoureux de la vie dans ce qu’elle de plus superflu. Et malgré tant de sacrifices, tout ce pardon, cette réconciliation, et tous ces traumatismes, le mal a encore frappé. Et cette fois-ci, il fauche des enfants, aux visages angéliques dégoulinant d’innocence.  Qui l’eût cru ? Haroun est l’enfant unique de sa famille. Sa mère rêvait chaque jour de la voir grandir sous yeux. Elle avait en lui de grands espoirs. Brahim, lui, il avait 4 frères et soeurs. Il avait aussi de grands rêves qu’il voulait réaliser. Du jour au lendemain, ces deux enfants ont disparu de la face de la terre parce qu’ils étaient incapables de se défendre, parce qu’ils étaient trop faibles pour dire non à la bête immonde, parce qu’ils étaient trop innocents pour comprendre les intentions maléfiques de leurs kidnappeurs.

Au lendemain de la découverte de leurs corps chétifs, l’Algérie redécouvre cet autre visage qu’elle a toujours dissimulée. Cette facette obscure qu’elle tente obstinément de voiler. Mais à force de refouler ses instincts barbares, ses frustrations, ses espoirs déçus, ses besoins jamais satisfaits, ses rêves gâchés, des amours impossibles, ses désirs réprimés, ses envies diabolisés et ses passions interdites, le réservoir du ça étouffé est devenu plein à craquer. L’explosion, tant appréhendée, survient et une coulée de lave emporte tout sur son passages dans nos villes où la promiscuité, la misère sociale, la paupérisation et le fanatisme rampant, ont transformé en un décor parfait pour les films d’horreur les plus décapants. Les enfants, ces êtres fragiles, sont les proies les plus faciles. On les enlève, on les viole et on les tue. Simple, froid et implacable. Une fois interpellés, les meurtriers déchaînent les passions et attisent les vengeances. La haine appelle la haine et la mort appelle la mort. Impossible de sortir du cycle infernal surtout lorsqu’on sait que la Justice bâcle son travail, traite à chaque fois avec clémence les déviants sexuels parce que les prisons algériennes sont pleines à craquer où parce qu’il y a toujours un fléau plus urgent et plus dévastateur. Les juges ne ressentent plus la douleur des parents. Ils traitent les affaires criminelles comme ces médecins qui administrent des antibiotiques à leurs patients grippés.

La procédure est, souvent, expéditive. Après quelques années, le condamné est relâché et, faute d’un véritable travail d’insertion sociale, les portes de la récidive s’ouvrent à lui. Quant à la pédophilie, cette maladie manque toujours de traitement en Algérie. Les hôpitaux psychiatriques sont dépassés. Sinistrés d’une gestion chaotique, ils ne peuvent plus répondre aux besoins de la société. Les rues se transforment, dès lors, en chambre d’asile. Les maladies mentales défilent sous nos fenêtres et personne ne trouve cela choquant. Que reste-t-il en dernier lieu ? La pendaison, pensent les Algériens. Exécutons les criminels, les pédophiles, tuons-les tous. Et le crime, la maladie, la mal-vie, le malaise social, la frustration collective, l’échafaud leur conviendra-t-il ?

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