Au pays des 200 milliards, la pluie fait le beau temps !

Redaction

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La chronique société d’Aderrahmane Semmar. Au pays des 200 milliards, la pluie fait le beau temps ! En 2012, quelques gouttes de pluie bloquent toute une ville en Algérie. Plutôt tout le nord du pays. Dimanche, les rues ont été inondées. Des routes ont été coupées à la circulation. Des habitations précaires se sont effondrées et une jeune fille a perdu la vie suite à un glissement de terrain. La pauvre victime habitait dans un bidonville à Bach Djerrah, à l’est d’Alger où les pluies orageuses ont provoqué l’effondrement de trois baraques vétustes. Dans les autres villes du nord du pays, le même scénario s’est répété. Fort heureusement, aucun décès n’a été déploré, mais les zones urbaines se sont transformées en marécages et la population s’est retrouvée cernée par la boue et les nids-de-poule.

Quelques heures de pluies ont suffi donc pour plonger le pays dans la paralysie. Au cœur de la capitale, de nombreux travailleurs n’ont même pas pu se rendre sur leur lieu de travail. Des entreprises ont été pénalisées et leurs activités ont été perturbées. Et si les averses avaient duré encore 24 heures, une véritable catastrophe aurait pu se produire.

Chaque année, c’est le même constat amer qui est dressé : face aux intempéries, l’Algérien est livré à lui-même. Pis encore, les autorités, notamment les collectivités locales, affichent leur impuissance et se contentent de répertorier les dégâts ! Et pourtant, en 2012, l’humanité a accompli beaucoup de progrès pour pouvoir affronter les aléas du climat. Des pays microscopiques, pauvres et dépourvus de toute richesse naturelle, ne souffrent pas autant que l’Algérie lorsque le climat se gâte. Aux pays des 200 milliards de dollars, la pluie fait toujours le beau temps ! Oui, et au train où vont les choses, cela n’est pas prêt de changer. Les administrations locales continuent à observer le même immobilisme et les services des directions des travaux publics demeurent absents sur le terrain.

Dans la majorité des communes de notre vaste Algérie, les avaloirs et les conduits des eaux pluviales ne sont pas rénovées depuis des années. Les réseaux d’assainissement sont également délaissés. Chaque hiver, les Algériens découvrent, hébétés, l’irresponsabilité de leurs élus. Les pluies mettent à nu aussi l’incompétence des chefs de Daïras et des Walis, ces commis de l’Etat qui ne prennent même pas la peine de lire comme il se doit les Bulletins Météo Spéciaux. Et pourtant, ces walis, davantage préoccupés à organiser les élections et les scrutins impopulaires, ne font l’objet d’aucune sanction. Il est rare qu’on leur demande des bilans. Et il est encore plus rare de les entendre s’expliquer sur leur mauvaise gestion. L’impunité règne en maître incontesté sur cette terre où les misérables nageant encore dans la boue. La fin triste de ce conte hivernal se laisse deviner à travers les méandres de la mauvaise gouvernance.