Climat d’extrême tension à Constantine : de nombreux commerces fermés et des habitants entament une Marche

Redaction

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La tension est à son combe à Constantine. La capitale de l’est du pays s’est réveillée dimanche matin dans une atmosphère électrique. Suite à l’appel à la grève lancé par des groupes non-identifiés, de nombreux commerces ont laissé leurs rideaux baissés et le transport inter-urbain a été interrompu et ce dans plusieurs quartiers de Constantine.  Des milliers de citoyens ont  organisé, vers 10 H, une marche à travers toute la ville. Une marche pour réclamer l’application de la peine capitale contre les deux meurtriers de Brahim, 9 ans, et Haroun, 10 ans. Les manifestants se sont rassemblés par la suite devant le cabinet du Wali de Constantine, situé en plein cœur du centre-ville, pour crier leur colère. Les forces de l’ordre ne sont pas intervenues pour les disperser et, pour l’heure, aucun affrontement opposant les manifestants aux policiers n’a été signalé. Il est à signaler que nombreux collégiens et lycéens, se sont rendus aussi vers la Place du 1er-Novembre (ex-La Brèche), où ils ont attendu de grossir leurs rangs pour se rassembler ensuite devant la Cour de Constantine située sur cette place.

D’autre part, plusieurs jeunes en colère ont tenté de couper à la circulation la principale route qui mène à la cité Ziadia, située dans la banlieue nord de Constantine. Selon plusieurs sources locales, des tracts ont été distribués samedi au niveau de la nouvelle ville Ali Mendjeli pour mobiliser la population et la persuader de participer à cette grande marche. Pour l’heure, nous ignorons toujours l’identité des initiateurs de cette marche populaire. Mais plusieurs sources concordantes nous ont confiés que des militants islamistes et salafistes sont à l’origine de cette initiative qui n’a pas bénéficié du soutien de la famille des deux défunts enfants.  « Contrairement aux rumeurs, aucune marche n’est programmée, ni aujourd’hui  ni demain. Nous voulons juste que ce dimanche, les Algériens entendent notre message et pensent à nos enfants”, précisé ainsi l’oncle de feu Brahim au correspondant local du quotidien Liberté.

Mais malgré l’appel au calme lancé par la famille des victimes, la rue constantinoise ne cesse de bouillonner de colère. Les habitants reprochent aux autorités locales d’abandonner la nouvelle ville Ali Mendjeli aux gangs et aux délinquants. Il faut savoir que cette nouvelle ville comprend plus de  250 000 habitants et ne possède que deux commissariats  ! En plus, les policiers ne viennent pas souvent patrouiller dans les lieux laissant ainsi le champ libre aux réseaux criminels.   L’assassinat tragique de Haroun et Brahim n’est donc que cette goutte d’eau qui a fait déborder le vase…

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