C’est aujourd’hui la question qui hante tous les esprits. L’intolérance, le fanatisme, le repli sur soi et le rejet de l’autre, ces « fléaux » menacent la société algérienne, de l’aveu même du gouvernement et de ses représentants. Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Bouabdallah Ghlamallah, exprime haut et fort ses craintes.
Lors de sa visite de travail dans la wilaya de Sétif, Bouabdallah Ghlamallah a reconnu que la société algérienne « se trouve actuellement menacée par des idées d’intolérance extérieures à notre société ». Ces idées, le ministre ne les nomme pas précisément. Mais la référence au salafisme et au takfirisme ne fait aucun doute. A l’approche du mois sacré du Ramadhan, les autorités craignent réellement le danger de ces deux courants dont les idées fanatiques font basculer la société dans l’extrémisme. L’Algérie qui a vaincu le terrorisme n’en a pas encore fini avec l’extrémisme religieux, semble dire implicitement Bouabdallah Ghlamallah. Ce dernier préconise vivement la réhabilitation des « valeurs qui ont fait la gloire et la prospérité de la nation Algérienne ». Celles-ci constitue réellement « la meilleure façon de déjouer toutes velléités visant à ébranler la pérennité des constantes spirituelles de la nation », analyse-t-il.
Revenir à l’Islam soufi et populaire algérien pour parer aux dangers du wahhabisme que certains courants tentent d’exporter en Algérie. Telle est la stratégique que semble vouloir mettre en place l’Etat Algérien. Mais celle-ci va-t-elle réellement faire barrage à l’intolérance grandissante ? Seul l’avenir nous le dira…