Fin de l’épisode cauchemardesque, qui a duré plus de sept années, pour les membres de la communauté algérienne au Royaume-Uni et en République d’Irlande, après le départ de la consule, Dallila Samah, qui a transformé le service consulaire dans la capitale britannique en une structure « digne d’un régime d’apartheid ».
Son lot de dérapages n’a pas d’égal dans les annales du fonctionnement des structures diplomatiques, allant de l’agression verbale au refus catégorique de traiter les membres de la communauté avec correction. Il est ainsi question par exemple du refus systématique d’accorder des audiences au public, à l’exception des proches. La communauté reproche également à la consule son mépris à l’égard des usagers, sans oublier ses pratiques discriminatoires et les méthodes dénuées de tout professionnalisme, à travers notamment la mise en place de mesures de rétorsion impitoyables contre celui ou celle qui ose critiquer sa manière de gérer le service.
Depuis quelques semaines donc, le départ tant attendu de la consule domine les discussions entre membres de notre communauté, qui n’arrivent d’ailleurs toujours pas à y croire. Kamel, un ressortissant algérien résidant à Londres depuis plus de 20 ans, ne trouve pas les mots pour exprimer son soulagement, qualifiant de période noire le mandat de l’ex-consule. « Durant toute cette période se rendre au consulat pour régler un problème était un véritable parcours du combattants. La communication avec le staff était pratiquement impossible », affirme-t-il. « Je me sentais très souvent déprimé chaque fois que je devais me rendre au consulat », nous a confié un autre compatriote qui a souhaité garder l’anonymat par peur de représailles.
Il s’agit là juste de la partie visible de l’iceberg. De nombreux témoignages font état de pratiques totalement illégales, allant jusqu’à évoquer des demandes explicites de pots de vin.
Le plus impressionnant dans toute cette affaire, c’est le mystère entourant la longévité de cette responsable. Comme nous l’explique un cadre algérien, employé par l’une des plus importantes banques internationales de la City, plusieurs plaintes ont été déposées auprès des autorités pour les alerter de ces pratiques subreptices et de la gestion désastreuse du service par le consul sortant, sans qu’aucune suite ne soit donnée. De nombreux articles de presse dénonçant les agissements inacceptables d’un consul de la République a l’égard des nationaux établis a l’étranger ont été publiés. Mais là aussi, rien n’a été fait pour redresser la situation. Pire encore, la consule a été de maintenue à ce poste pendant sept ans.
Les membres de notre communauté ont par conséquent décidé, une fois pour toutes, de briser l’omerta, à travers la création d’un collectif dont la mission est d’entamer, très rapidement, un travail de collecte de preuves et de témoignages inhérent aux dépassements de l’ex-consul dans l’exercice de ses fonctions, en vue de préparer une action formelle auprès de sa tutelle, pour exiger des sanctions exemplaires. « Car les faits retenus contre elle, sont effectivement très graves », souligne un des membres du collectif en gestation.
S.L.S.