Un père de famille, handicapé, victime de terrorisme, vit, avec ses proches, dans des toilettes publiques. Cela se passe dans la commune de Beni-Slimane, à l’Est de la wilaya de Médéa.
Âgé de 80 ans, cet algérien infortuné, marié et père de six enfants, dont quatre filles âgées entre 17 et 23 ans, comme l’a rapporté samedi le quotidien arabophone «El Khabar», il occupait jusque là, et ce pendant trois mois, un abri sensé, à l’origine, accueillir des animaux ! Mais, un président d’APC l’a chassé lui et sa famille de ces lieux sinistres. C’est ainsi, que ce père de famille, devenu handicapé à 100 % suite à l’explosion d’une bombe en 1998, s’est retrouvé, lui avec tous enfants, dans ces toilettes publiques. L’une de ses filles a déclaré qu’en raison de l’insécurité qui règne aux abords de leur «domicile», ils ne peuvent plus fermer l’œil. La famille Bouguetaya vit dans ce dénuement depuis 2008. Sans foyer, ses membres errent d’un lieu à un autre à la recherche d’un refuge de fortune pour s’abriter. Ils vivaient auparavant au lieu dit Ghaba Kahla, mais confrontés à la situation sécuritaire très dégradée qu’avait connue cette région durant les années quatre vingt dix, cette famille a quitté son village pour aller vivre ailleurs. Et depuis, les membres de cette malheureuse famille enchaînent les misères. Pour sa part, le Président de l’APC de Beni-Slimane a indiqué que la municipalité qu’il dirige ne peut rien pour cette famille étant donné que ces cas se font de plus en plus nombreux.
Quant au siège du Croissant rouge algérien (CRA), utilisé habituellement pour accueillir temporairement ces familles sans logement, il a été attribué finalement à l’organisation nationale des Moudjahidines. Et pendant ce temps-là, cette famille continue à squatter ces toilettes publiques.
Elyas Nour