Ils sont majors de promotion de leurs filières. Ils ont travaillé d’arrache-pied pendant toute une année, voire tout au long de leur cursus universitaire, pour obtenir les meilleures moyennes. Ils ont visé l’excellence. Ils ont consacré leurs nuits aux recherches, révisions, exercices et autres travaux pratiques. Et à la fin, ils ne récoltent aucun soutien, récompense ou reconnaissance. Et pourtant, l’Algérie a plus que jamais besoin de ces majors de promo très courtisés à l’étranger, dans les pays qui valorisent réellement la compétence humaine.
A l’université de Bab Ezzouar, la plus grande du pays, la faculté d’Electronique et d’Informatique a affiché d’ores et déjà la liste des 11 majors promo de l’année universitaire 2014/2015. Les 11 meilleurs étudiants ont décroché leurs masters avec brio. Leurs moyennes oscillent entre 13 et 16 sur 20. Malgré le manque de moyens, l’absence de matériel pédagogique de haute qualité et des conditions d’études difficiles, ces majors de promo ont fait leur preuve. Leurs spécialités sont stratégiques pour le développement économique de notre pays : génie industriel, processeur et robotique, réseaux électriques, énergies renouvelables, systèmes des télécommunications et plusieurs autres branches de pointe. « Personne ne m’a contacté pour me dire au moins merci et continue comme ça », regrette à ce propos Meheni Nazim, un des 11 majors de promo. Nazim décroche le prestigieux titre de major de promo pour la troisième fois consécutive. « J’aurais aimé que les responsables de notre université viennent nous voir pour nous motiver et nous encourager à aller de l’avant. Nous pouvons faire beaucoup mieux, si les conditions de nos études venaient à s’améliorer », explique celui qui a fait une escale à Toulouse, au sud de la France, avant de revenir reprendre ses études dans son pays natal pour des considérations familiales.
« En France comme ailleurs dans les pays développés, les majors de promo sont salués et encouragés. Ils sont recrutés par les entreprises qui viennent les repérer dans les campus. Ici, nous n’avons même pas la possibilité de faire des stages sérieux dans des entreprises afin de perfectionner nos connaissances et apporter notre savoir », déplore Nazim Meheni, selon lequel la considération dont ont besoin les majors de promo algériens passe avant tout par davantage de stages pratiques, de meilleures perspectives d’emploi, une vie universitaire plus animée et des bourses d’études à l’étranger. « Aujourd’hui, on termine ses études en Algérie dans nos filières en effectuant un simple stage d’un mois. C’est très peu ! Il faut au moins 6 mois de stage pour bien apprendre. Nous avons besoin aussi de laboratoires plus performants, plus modernes. Il est important également de pouvoir décrocher des bourses pour partir à l’étranger et se frotter au haut niveau », insiste le jeune Nazim, assoiffé de connaissances. « Pourquoi ne pas organiser des rencontres scientifiques dans nos universités pour être à la page du progrès technique ? », suggère encore ce major de promo qui ne demande, au final, qu’une seule chose : de la considération ! Mais qui va comprendre ce besoin au sein des pouvoirs publics ?