Dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde, des Français issus de la diversité interpellent le président Français sur son engagement à lutter contre les discriminations. Selon les signataires de la tribune, François Hollande a oublié de défendre cette promesse durant son mandat.
« La lutte antidiscrimination ou la promesse oubliée », c’est avec ce titre qu’Amirouche Laïdi, le président du club Averroes qui promeut la diversité dans les médias, le chanteur Charles Aznavour, l’acteur Saïd Taghmaoudi et la présidente des Marianne de la diversité Fadila Mehal, ont voulu rappeler à François Hollande sa promesse de mettre un terme aux nombreuses discriminations que vivent les étrangers et leurs enfants.
« Déjà tant d’espérances nées du programme présidentiel restées lettre morte », écrivent les signataires qui font référence notamment à la promesse de François Hollande de défendre les personnes issues de la diversité. Ils lui reprochent son manque d’investissement dans ce combat qui devait être sien.
« A l’époque, le candidat François Hollande n’avait cessé d’affirmer, pendant toute la campagne présidentielle, l’impérieuse nécessité de mettre fin au racisme et aux injustices, d’inscrire dans les faits l’égalité et la diversité, de lutter sans merci contre les discriminations qui marginalisent des pans entiers de la population, de promouvoir le vivre-ensemble garant de la cohésion sociale », est-il écrit dans la tribune.
Des promesses envolées
Que sont devenus ces engagements ? S’interrogent les auteurs de la lettre ouverte, qui ont trouvé leur réponse : « La diversité n’est, pour le pouvoir, qu’un arrière-plan folklorique d’une kermesse où les exclus reçoivent, de temps en temps, un lot de consolation. » Et d’ajouter, « les belles promesses se sont évaporées au lendemain de la victoire électorale. Les quartiers populaires se désespèrent. Le plafond de verre refoule des millions de citoyens. Les jeunes et les moins jeunes, malgré leurs diplômes supérieurs, se retrouvent massivement au chômage. Ils sont abandonnés, traités avec indifférence ou mépris. Où sont les mesures de lutte contre les discriminations annoncées ? Où est le vivre-ensemble proclamé dans les meetings par François Hollande candidat ? Qu’attend-on en haut lieu ? Une nouvelle révolte ? »
Ils reprochent au chef de l’Etat français de ne pas prendre en considération ces personnes issues de l’immigration souvent stigmatisées pour leur origine, aussi bien pour l’accès à l’emploi qu’au logement. Les auteurs de la tribune accusent Hollande d’avoir jeté « aux oubliettes la réforme sur le droit de vote des étrangers, la lutte contre le contrôle au faciès », des mesures défendues par les associations antiracistes et de banlieues.
Les signataires de la tribune, ainsi que toutes les personnes issues de l’immigration attendent un geste de la part de François Hollande, qui avait pourtant mis en place un Commissariat à la diversité et à l’égalité des chances. C’est pourquoi la tribune se conclut ainsi : « Qu’attendez-vous, « vous président », pour mettre en place ce ministère salutaire ? »