Islamophobie, ce cancer qui ronge la presse française

Redaction

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Christophe Barbier, le directeur de la rédaction du magazine français L’Express, a parfaitement raison. « Comme un cancer commence par une poignée de cellules viciées, il a besoin de peu de foyers pour être vite menaçant, puis un jour, mortel », a-t-il écrit dans son éditorial du dernier numéro de L’Express. Et à juste titre, le cancer de l’islamophobie qui gangrène la presse française depuis plusieurs années a trouvé un foyer favorable à ses métastases dans les rédactions parisiennes.

Ne soyons plus dupes. L’islamophobie n’est plus un fait minoritaire dans le paysage médiatique français. Du moins, elle n’est plus un acte isolé perpétré par quelques publications proches de l’extrême droite. Ces dernières semaines, Valeurs Actuelles, L’Express et Le Point, trois news magazines réputés en France, ont multiplié les « Une » sensationnelles et tapageuses à propos du soi-disant danger que l’Islam représente à l’égard de la France.

Oui, la France, la cinquième puissance mondiale, est menacée de disparition par l’Islam et les musulmans. Ces êtres dangereux menacent la cohésion de la société française, ne cessent de chanter ces médias français malades de leur fixation sur une seule communauté, une seule composante d’une société qu’ils accablent continuellement.

Les musulmans seraient donc tous des communautaristes. Ils sont recroquevillés sur eux-mêmes refusant la mixité sociale et le mélange interculturel. Pourquoi ? Parce qu’ils ont le malheur d’habiter dans des banlieues pourries et délabrées qui ne leur permettent guère d’envisager l’altérité comme un mode de vie. Leur pauvreté, exclusion sociale, faible pouvoir d’achat, conditions de vie déplorables, c’est naturellement de leur faute, enfin de la faute de leur communautarisme.

Oui, c’est le communautarisme des musulmans qui les empêche d’accéder à l’ascension sociale, aux centres de décisions de l’Etat français ou aux fonctions les plus honorables. Ce discours idéologique a trouvé de façon définitive son enracinement dans les esprits de certains plumitifs de la presse française. La croyance devient un aveuglement et les certitudes une obsession.

Par conséquent, on répète à qui veut l’entendre que l’Islam cherche encore sa place en France. Cette religion ainsi que ses fidèles, sont coupables de ne pas être suffisamment intégrés à la bonne société française.  La raison ? Le communautarisme encore une fois. Pas besoin d’analyser ou de décrypter les causes socioéconomiques de la misère ou les discriminations, ni davantage les inégalités sociales.

Demain encore, L‘Express, Valeurs Actuelles, Minute et d’autres publications françaises nous apprendront que le trou de la couche d’ozone est aussi la faute des musulmans et de leur communautarisme. Le danger des émissions de gaz à effet de serre, c’est aussi la faute des musulmans. Le déficit budgétaire, le chômage, l’effondrement de la bourse, l’évasion fiscale, le surendettement des ménages, la désindustrialisation de la France, c’est également la faute de l’Islam et des musulmans. Et demain encore, ces médias nous diront que les extraterrestres ont boudé la terre à cause des musulmans. Le soleil même pourrait ne plus jamais se lever à cause du communautarisme des musulmans. Aujourd’hui, on sait toutes et tous, que la bêtise médiatique n’a plus aucune limite…

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