«Pourquoi me regardes-tu ainsi ?», «c’est à moi que tu parles sur ce ton ?» «Pousses-toi un peu, tu ne vois pas que tu me colles», «Eh, toi, si tu n’arrêtes pas de me fixer, je te défonce ta tronche !». Des expressions qui transpirent la colère, des formules chargées de violence, parfois de haine, des phrases qui reflètent une agressivité enfouis sont le lot quotidien des Algériens et des Algériennes.
Dites-moi si vous ne vous souvenez pas de l’une de ces phrases, prononcées par un être fou furieux, juste parce qu’il a cru que quelqu’un le fixait du regard ou tout simplement draguait la jolie nana, pendu à son bras. Bon, allez, regardons les choses en face. Depuis quelques années nous sommes témoin de la transformation de l’Algérien en un être susceptible, qui frôle la paranoïa. Dès qu’il se réveille le matin, la théorie du complot s’active dans son cerveau au point de transformer tous les humains, rencontrés sur son parcours, en de véritable ennemis.
Au travail, ce n’est pas la joie non plus puisque cet être sur la défensive, qui voit le mal partout, ne peut pas s’épanouir, il croit que ses collègues lui en veulent à mourir. Dans son couple, c’est la guerre. Madame n’est jamais à l’abri de sa jalousie morbide, ni de sa susceptibilité démesurée. Mais, pourquoi diable s’empoisonner la vie et s’enfermer dans une coquille de doute, de ressentiments et d’agressivité vis-à-vis de son prochain ? Une chose que les nombreux algériens qui ont été témoins d’un comportement pareil n’arrivent pas à comprendre.
Témoignages
«Il a tabassé son voisin à mort pour avoir stationné devant sa porte»
D’apparence, notre agresseur n’est qu’un vieux maigrichon à la retraite qui avait plus l’air d’avoir besoin d’amour et de protection. Toutefois, comme les apparences sont trompeuses, ce monsieur était une véritable bombe à retardement, de l’avis de ses voisins, témoins de la bagarre sanglante qu’il a déclenchée à cause d’un homme qui stationnait souvent à côté de sa villa. «La victime avait beau expliqué être contrainte de stationner à cet endroit pour aller se procurer les médocs de la pharmacie d’à côté, le vieux a fait la sourde oreille. Pire, il a eu recours aux mains aussi vite».
«Mon mari est devenu violent après son licenciement »
«Mon mari n’a jamais été un homme violent. Il avait certes un caractère très dur, mais il ne recourait pas à la violence pour un oui ou un non. Aujourd’hui, depuis qu’il a été licencié, le seul moyen de communication qu’il adopte avec ses enfants et moi est la violence. C’est vraiment insupportable», témoigne Malika, 35 ans.
«Il a failli tuer son voisin»
«Il venait de lui piquer sa place dans le parking pour la troisième fois. Au lieu d’aller lui parler gentiment, il s’est pointé chez nous avec une arme blanche. Mon époux a été blessé, mais Dieu merci il a échappé à une mort certaine si ce n’est l’intervention des voisins », raconte Habiba, 46 ans.
Ces faits divers ne sont qu’un minuscule exemple sur une réalité effarante qu’il est temps de prendre en charge. L’Algérien est en passe de se transformer en un gangster affirmé. La violence est devenue le moyen de communication de prédilection de nos concitoyens. A la famille, à la maison, à la rue et souvent même à l’école, elle est présente à des degrés variés et sous des formes différentes, car il peut s’agir aussi bien de violence physique que de violence sexuelle ou même psychologique. Il est absolument plus qu’urgent de faire une analyse générale du comportement de l’Algérien surtout que nous trimballons tous avec nous une histoire lourdes de souffrances et de blessures. Une analyse collective de toute une société s’impose, et pour cela tous les spécialistes : psychologues, médecins, psychiatres, thérapeutes, analystes et sociologues, doivent s’y mettre.
Par Nadine Belbey en partenariat avec FocusElles