L’Arabie Saoudite nie soutenir les salafistes algériens

Redaction

L’Arabie Saoudite ne soutient pas et n’a jamais soutenu les Salafistes, ou les extrémistes islamistes d’une manière générale. C’est ce qu’a affirmé l’ambassadeur saoudien en Algérie, Sami Ben Abddallah Essalah, dans un entretien paru dimanche dans les colonnes du quotidien arabophone «Ennahar».

Des propos qui risquent de ne pas convaincre beaucoup d’algériens au regard des rapports ambigus, et quasiment publics, qu’entretiennent certains responsables saoudiens avec des partis ou mouvements salafistes.

L’ambassadeur saoudien a, ainsi, nié que son pays se soit adonné à une quelconque opération de distribution de livres religieux ou quoi que se soit d’autres au profit des mouvements salafistes en Algérie. «Cette année, on a offert 5000 exemplaires du Coran, lecture Warch, traduit en tamazight», a-t-il indiqué pour démontrer les bonnes intentions de  la diplomatie saoudienne en Algérie. Une initiative, ajoute-t-il, lancée en direction du Ministère algérien des Affaires religieuses et des Wakfs, avec qui, insiste l’ambassadeur saoudien, «l’Arabie Saoudite entretient de très bons rapports». Si Sami Ben Abddallah Essalah a tenu à préciser que ces exemplaires sont en lecture Warch, usité principalement au Maghreb, c’est parce certaines informations rapportaient que cette ambassade distribuait des exemplaires du Coran en lecture Hafs, usité dans les pays du Golfe et du Moyen-Orient Il y a de légères différences entre les deux. D’après Sami Ben Abddallah Essalah, les activités de l’ambassade de l’Arabie Saoudite en Algérie s’arrête ici.

Par ailleurs, l’ambassadeur saoudien est revenu sur les événements tragiques vécus par l’Algérie durant les années 90. Selon lui, l’Arabie Saoudite n’a jamais soutenu le parti dissous, le FIS (Front islamique du salut), dirigé à l’époque par Abassi Madani et Ali Belhadj. «Il faut faire la différence entre le soutien d’une personne lambda et d’un représentant du gouvernement», dira-t-il. Pour Sami Ben Abddallah Essalah, le fait qu’aucun «officiel» saoudien n’ait exprimé son soutien au FIS dissous signifie clairement que l’Arabie Saoudite n’avait pas de rapport privilégié avec ce parti islamiste. S’il y a des soutiens, ils sont le fait de personnes physiques qui n’engagent qu’elles-mêmes, a-t-il expliqué.

En dernier lieu, l’ambassadeur a également nié l’implication de son pays, à travers l’ambassade, dans le limogeage du chargé de communication du Ministère des affaires religieuses, Adda Fellahi. Des informations avaient fait état récemment de pressions exercées par les diplomates saoudiens sur le Ministère algérien afin d’écarter ce cadre «coupable» de s’être attaqué aux salafistes. Pour Sami Ben Abddallah Essalah, l’ambassade de l’Arabie Saoudite, qui «connait ses limites», précise-t-il, «n’a rien à voir dans cette affaire».

Elyas Nour