La plupart des musulmans en Algérie et à travers le monde s’apprêtent à célébrer d’ici quelques jours l’Aïd el-Adha, l’une des fêtes religieuses les plus populaires, marquée notamment par le sacrifice du mouton. Afin que vos festivités se déroulent dans les meilleures conditions, Algérie-Focus fait le point sur quelques règles à respecter.
1 . Bouillir ou brûler les abats pour éviter la propagation de kystes hydatiques
Cette maladie parasitaire, caractérisée chez l’homme par l’apparition d’un ver sous forme larvaire au niveau du foie ou du poumon, oblige quelque 2 000 Algériens chaque année à subir une intervention chirurgicale lourde et complexe. Les moyens de s’en prémunir sont pourtant simples, puisque le mouton n’est qu’un “hôte intermédiaire” de la maladie et qu’il ne peut la transmettre directement à l’être humain. Ce dernier ne peut en effet développer le parasite qu’après avoir caressé ou s’être fait lécher par un chien – quant à lui “hôte définitif”. Le ministère de la Santé recommande donc de bien ausculter les abats du mouton après le sacrifice, afin de déceler la formation d’une éventuelle poche d’eau -appelée kyste ou vésicule- puis de les faire bouillir ou brûler, avant de les enfouir bien profondément sous terre pour ne pas que les chiens puissent les déterrer.
2 . Redoubler de vigilance pour éviter les accidents domestiques
Il convient tout d’abord de redoubler de vigilance lors des nombreux combats de béliers improvisés les jours précédents l’Aïd. Parfois très violents, ils peuvent rapidement dégénérer, comme le raconte cette immigrée algérienne. Les outils utilisés pour le sacrifice doivent également faire l’objet d’une précaution particulière, rappelle cette année encore la Protection Civile :
-“Ne jamais utiliser une meuleuse pour affûter et affiler les couteaux en présence d’enfants.”
-“Ne jamais laisser un chalumeau allumé sans surveillance.”
-“Ne jamais mettre les couteaux et les haches à même le sol.”
En 2012, le Centre hospitalier universitaire (CHU) d’Oran avait soigné pas moins de 40 blessés au cours des trois jours de festivités, la plupart présentant des coupures ou des brûlures.
3 . Ne pas craindre la fièvre aphteuse
“Aucun cas de fièvre aphteuse sur les moutons n’a été enregistré jusqu’au jour d’aujourd’hui, et même si c’était le cas, il n’y a aucun risque de contamination à l’homme,” rassurait il y a quelques jours Mustapha Zebdi, président de l’Association de protection et orientation du consommateur (Apoce). Les marchés à bestiaux avaient été fermés à cause de l’épidémie de fièvre aphteuse qui a touché plusieurs milliers de bovins depuis le début de l’été, mais il n’y a eu aucune mesure semblable concernant les ovins, et chaque famille a normalement pu acheter son mouton de l’Aïd. Pour parer à toute éventualité, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a tout de même prévu que des “brigades mobiles” de vétérinaires circulent dans les prochains jours au niveau des abattoirs et des lieux de sacrifice.
4 . Essayer de manger équilibré
Selon le Docteur Taeïb D, interrogé par nos confrères tunisiens de sante-tn, il faut essayer de diversifier son alimentation au maximum pendant l’Aïd. Manger des fruits et de la salade permet par exemple d’éliminer les nombreuses graisses contenues dans la viande. De même, privilégier le citron au sel dans les assaisonnements évite d’ingurgiter du sodium en trop grande quantité, et ainsi de se prémunir contre un taux de choléstérol trop élevé, souvent responsable de nombreux problèmes cardio-vasculaires. Au contraire, l’agrume est un bon anti-oxydant qui facilite l’élimination des graisses par les intestins, au lieu qu’elles ne stagnent dans le sang. Prendre le temps de manger, préférer la viande bien cuite -alors allégée en lipides, en acides gras et en fer héminique- et faire une petite promenade digestive d’après-repas sont également de bons réflexes à avoir pour passer de bonnes fêtes. Ces conseils sont particulièrement valables pour les personnes souffrant de diabète.
5 . Être prudent sur les routes
Enfin, l’Aïd est une période particulièrement dangereuse pour les automobilistes, et le nombre de victimes de la route est en augmentation depuis quelques années. En 2011, 62 accidents ont causé la mort de 16 personnes et blessés 138 autres. L’an dernier, ces chiffes avaient légèrement baissé, avec 126 accidents pour 29 morts et 257 blessés. Les conducteurs doivent donc redoubler de prudence lorsqu’il s’agit de prendre le volant, d’autant plus que l’année 2014 a été marqué par une forte mortalité routière, avec notamment 473 victimes pour le seul mois d’août. Pas plus tard que mardi 30 septembre, une collision entre un minibus et un autocar a fait 16 morts et 45 blessés dans le Sud du pays, près de Laghouat.