L’ONU dénonce la discrimination dont sont victimes les prénoms amazighs en Algérie

Redaction

Le refus de certaines administrations d’enregistrer des prénoms amazighs n’irrite pas uniquement des citoyens algériens. Même le comité des nations-unies contre la discrimination en a fait le reproche aux autorités algériennes. Cela est consigné dans un rapport envoyé au gouvernement algérien la semaine passée.
«Le Comité est préoccupé du fait que dans certaines communes, les officiers de l’état civil refusent de procéder à l’enregistrement des prénoms amazighs sous prétexte qu’ils ne figurent pas sur « la liste des prénoms à caractère algérien », écrit le rapport.

Le comité prend, pourtant acte, de l’engagement du gouvernement du renouvellement de la nomenclature des prénoms. «Le Comité (…) recommande de prendre les mesures nécessaires pour assurer qu’en faits et en droits, tous les Algériens aient le libre choix des prénoms de leurs enfants et puissent les inscrire auprès de l’officier de l’état civil sans discrimination aucune», lit-on encore dans le document qui regrette que tamazight ne soit pas encore officialisée.

«Le comité prend note de la déclaration de l’Etat partie sur les efforts supplémentaires qui seront entrepris et l’encourage ardemment à assurer l’enseignement de la langue amazighe à tous les niveaux d’éducation et instituer la langue amazighe comme langue officielle en vue de renforcer sa promotion sur toute l’étendue du territoire», souligne-t-on dans le même rapport.

Plusieurs agents d’Etat civil, notamment en Kabylie et dans les Aurès, ont refusé d’inscrire des nouveau-nés qui portent des prénoms amazighs. A chaque fois, ces fonctionnaires mettent en avant l’application d’une liste provenant du ministère de l’Intérieur. Pourtant, des prénoms, parfois inspirés de terroristes comme Oussama Ben-Laden, sont inscrits sans problème.

Essaïd Wakli

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