Paroles d’Algériens : Une campagne de sensibilisation pour le port du hidjab dans les écoles et universités est-elle tolérable ?

Redaction

Updated on:

« Une campagne de sensibilisation pour le port du hidjab dans les écoles et universités est-elle tolérable ? » Cette question a visiblement inspiré les lecteurs d’Algérie-Focus, qui nous ont adressé de nombreuses contributions argumentées. Petit tour d’horizon des meilleurs commentaires postés sur Paroles d’Algériens.

C’est le témoignage de Loucif Sami qui a recueilli le plus grand nombre de votes. Personnelle, sa contribution met en évidence les difficultés à obtenir l’autorisation d’animer une campagne de sensibilisation dans les enceintes d’un établissement scolaire ou universitaire :

« Je fréquente le milieu associatif, et je connais plusieurs associations et clubs qui ont eu beaucoup de mal pour obtenir des autorisations afin d’animer des campagnes de sensibilisation au niveau des universités et des lycées : Campagne de lutte contre les violences faites aux femmes, campagne de sensibilisation contre le SIDA, campagne de sensibilisation à l’éco-citoyenneté… les arguments des administrations sont aussi variées que tirées par les cheveux. Parfois, les refus ne sont même pas formels ni justifiés, et les responsables se cachent derrière leurs secrétaires, vous font courir pour mieux vous faire marcher. Mais voilà qu’un organisme quelconque organise une campagne pour « le port du voile », et l’université ouvre grand ses portes, soutient et encourage ! »

 

Loucif Sami termine sa réflexion par des questions tout aussi pertinentes :
« Au lieu d’investir dans la pédagogie, dans la recherche, dans l’initiative citoyenne, dans l’animation culturelle… on va gaspiller du temps et de l’argent pour promouvoir une pratique religieuse. A quoi servent les mosquées si on va prêcher au sein de l’université ? »
Connu sous le pseudonyme Zino, un contributeur est du même avis que Loucif Sami : le port du voile n’a pas non plus à être une priorité en Algérie :
« On dirait que pour l’Algérien, son seul problème est de voiler les femmes. C’est vraiment n’importe quoi. Il faudrait s’intéresser à d’autres problèmes plus graves au lieu de se focaliser sur un faux problème. »
Dans sa contribution, Faïza va plus loin. Pour cette lectrice d’Algérie-Focus, la campagne de sensibilisation menée dans les universités algériennes pour inciter les jeunes filles à porter le voile cache un mal plus profond. Cette campagne est une manifestation des limites de la société patriarcale algérienne qui institue une inégalité de fait dans les rapports hommes/femmes :
Je doute très fort que tout cela soit lié a la religion !!! Tout le monde essaye de laisser sa trace par tout les moyens possible. Pourquoi la femme est toujours la cible fard d’une société créer pour les hommes par les hommes :/ c’est … bien triste de se rendre à l’évidence que chaque femme qui de nos jours ose lever la voix est considérée telle une offense à sa famille et à sa religion !!!
Si la grande majorité des contributeurs s’opposent franchement à cette forme de prosélytisme, une poignée de débatteurs à juger tolérable cette campagne. A l’image d’un lecteur d’Algérie-Focus, qui a commenté sous le pseudonyme Benji :
« C’est une campagne de sensibilisation, pas un module à étudier ni une obligation à assister. L’université ne verse pas un sou ni des professeur qui négligent leurs devoirs pour promouvoir ça. Le seul motif pour trouver ça offensant c’est l’islamophobie ni plus ni moins. Etant étudiant à l’usthb ne venez pas me dire que cette manifestation d’une semaine freine les études. »
Enfin, pour Youssef, la campagne dans les universités est nécessaire étant donné la menace qui pèse sur les valeurs musulmanes de la société algérienne :
Nous devons effectivement tirer la sonnette d’alarme car nous sommes en train d’assister à une dégradation voire une disparition totale de nos valeurs, et ce constat est visible notamment dans les écoles et surtout les universités ou nos sœurs font tout pour montrer leurs beaux corps, au point où on peut imaginer qu’elles vont n’importe où sauf à un lieu ou elles sont censées acquérir du savoir.

Le débat ne s’arrête pas là. Vous aussi, vous pouvez voter et contribuer aux autres thèmes. Pour cela, il vous suffit de vous rendre sur Paroles d’Algériens.