Pour les salafistes algériens, frapper sa femme est un droit garanti à l’homme par Dieu

Redaction

Le projet d’amendement du code pénal, portant notamment sur la protection des femmes battues ou divorcées, ne fait pas l’unanimité dans la société civile. Les féministes se sont déjà prononcées contre des « réformettes », qui ne protègent pas réellement et efficacement les femmes victimes de leur époux violent. C’est au tour des salafistes d’étriller le projet de loi, qui n’est pas conforme, selon eux, à l’Islam.

Le Conseil des ministres, qui s’est réuni mardi 26 août dernier, sous la présidence du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a adopté plusieurs projets de loi. L’un d’eux porte sur l’amendement du code pénal, dont le but est de « renforcer la lutte contre la violence à l’égard des femmes». Il prévoit des «sanctions envers l’époux coupable de violence contre son conjoint ayant entraînée une incapacité temporaire, un handicap permanent ou une amputation» et en cas d’ « abandon de l’épouse enceinte ou non ».

Ce projet d’amendement du code pénal a reçu un accueil mitigé au sein de la société civile. La majorité des associations féministes a critiqué un texte peu ambitieux et qui ne protège pas suffisamment la femme algérienne.

Battre sa femme pour la remettre « dans le droit chemin »

De son côté, le parti du Front de la renaissance libre islamique, qui se revendique de la branche salafiste, dirigé par Abdelfatah Hamadache, a adressé une lettre au gouvernement d’Abdelmalek Sellal dans laquelle il exprime son opposition. Pour le parti salafiste, ces amendements du code pénal auront pour effet d' »encourager la femme à la rébellion contre son époux ».

D’après cette formation politique salafiste, le nouveau texte de loi, qui sera bientôt débattu par l’Assemblée populaire, n’est d’ailleurs pas conforme à la religion musulmane, qui autorise l’époux à «battre» sa femme afin de la maintenir dans le «droit chemin».

Dans leur lettre, ces salafistes, qui accusent le pourvoir d’importer une « mentalité occidentale », mettent en garde contre les dangers de ce texte. La révision du code pénal «met en péril la famille algérienne», affirment-ils.

Elyas Nour

Quitter la version mobile