Après avoir analysé la société algérienne et ses droits, Amnesty International a effectué, depuis plusieurs mois, une étude sur le mouvement associatif en Algérie. Il en ressort qu’ « une nouvelle génération d’associations se met donc en place avec des compétences, de l’expertise, et un savoir-faire au service de l’action publique.
D’autres groupes à travers le pays expérimentent eux de nouvelles formes d’organisation – sans expérience ni structure formelle – mais toujours avec l’idée centrale du « faire-ensemble ». Ces « nouvelles associations » mieux formées, plus efficientes, ont acquis des savoirs-faire, notamment par le biais des mécanismes de la coopération internationale ».
Au-delà du foisonnement des associations, qui activent malgré les blocages de l’administration, les enquêteurs, les journalistes Djamel Benramdane et Ghania Mouffok, ont noté, lors d’une conférence de presse animée à Alger, que le travail s’est intéressé aux association et est allé « au cœur de leurs actions à travers la création d’emplois, l’insertion sociale, le développement local et rural, la structuration de relations sociales, l’amélioration du niveau de vie des populations vulnérables».
L’étude s’est « penchée sur les services apportés au citoyen par un faisceau d’associations, dans un contexte marqué par une demande sociale qui s’amplifie et un désengagement fort de l’État entamé dans les années 90 dans des pans entiers du service public et des programmes sociaux ».
Sur le plan des chiffres, l’étude indique qu’en 1988, près de 12 000 associations étaient officiellement enregistrées auprès du ministère de l’Intérieur (CENEAP 2003), ce chiffre est passé à 57 400 en l’espace de dix années (1998) et à 75 000 en 2007 pour atteindre les 93 654 associations officiellement enregistrées en décembre 2011. (92 627 associations locales et 1 027 associations nationales, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.)
Essaïd Wakli