Un directeur de salle de cinéma d’Alger soumis à un interrogatoire policier

Redaction

Des membres du ciné-club, Chrysalide, ont indiqué, lundi, qu’ils ont fait l’objet, dans la matinée du même jour, d’un interrogatoire «indirect» de policiers à propos de deux films projetés la veille à la salle de cinéma Zinet, de Riad El Feth. L’information a été rendue publique par la talentueuse comédienne Adila Bendimerad via son profil «Facebook».

Les films en question sont deux cours métrages, «Une journée ordinaire» de Bahia Allouache et «Mollement un samedi matin» de Sofia Djama. «Pendant que nous travaillions, Djaber Debzi et moi-même recevons un coup de fil du directeur de la salle, qui pose les questions suivantes : Avez vous projeté des films qui insultent la nation ? Un drapeau de l’Algérie a-t-il été déchiré ou piétiné dans un des films ? Le Président a-t-il été insulté ? Nous répondons Non à toutes ces questions. Pouvez-vous nous donner les numéros de téléphone des réalisatrices ? Nous répondons que nous ne les avons pas… Merci au revoir», a révélé l’actrice dans un long texte publié sur son profil.

Renseignement pris, le directeur qui leur a posé toutes ces questions l’a fait en présence de policiers et en mettant le téléphone en «haut parleur». C’est le directeur lui-même qui leur a annoncé ça. Celui-ci ajoute également que les dits policiers veulent des copies des deux films. Il est rappelé ; dans le même texte, qu’un incident a survenu la veille. L’une des scènes du film de Sofia Djama, n’a pas plu à l’actrice Farida Krim, qui avait joué dans «Djemai Family». La scène montre un officier de police insensible à la détresse d’une femme qui a failli se faire violer. Oubliant que c’est une fiction, l’actrice mécontente aurait déclarée : «Ce genre de comportements est possible partout ailleurs sauf en Algérie ! Un policier algérien aurez eu pitié de cette fille et aurait tout fait pour l’aider». Farida Krim aurait, par la suite, insulté l’assistance et quitté la salle. Et le lendemain des policiers se renseignent sur le film qui, rappelle-t-on, a été «sélectionné et projeté au Journées Cinématographiques d’Alger, soutenues par le ministère, et qu’il a même eu le prix du meilleur court-métrage», et que «les deux films ont eu des autorisations de tournage».

Ces pratiques, d’un autre âge, sont assez graves, et les responsables du service de sécurité concerné devraient s’expliquer sur l’attitude de ces policiers. De plus en plus, il y a des atteintes aux libertés.

Elyas Nour