Beaucoup d’analystes relèvent la dégringolade du niveau de l’université algérienne. La chose devient encore plus grave quand des enseignants, se disant chercheurs quelques fois, usent de plagiat pour étoffer leurs thèses de doctorat. Ainsi, une autre affaire de «copier – coller» vient de frapper de plein fouet le secteur de la recherche scientifique.
Une «brève» dans les pages consacrées à «l’Algérie profonde» du quotidien Liberté nous apprend aujourd’hui qu’ «une commission paritaire de l’université Djillali Liabes de Sidi Bel Abbes s’est réunie jeudi dernier pour trancher définitivement sur le sort de trois professeurs de chimie exerçant au niveau de la faculté des sciences exactes et accusés de plagiat».
«Selon un responsable de l’université, les faits remontent à l’année 2010, suite à des lettres anonymes parvenues aux responsables de l’université, faisant état de plagiat de communications de travaux de recherche pour des thèses de doctorat en chimie et qui ont été publiées dans une revue scientifique éditée au Maroc», ajoute le quotidien Liberté selon lequel le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, qui a diligenté l’enquête, «a confirmé les actes de plagiat». A ce niveau là, ces comportements sont d’une gravité extrême. Plagier, intégralement ou même partiellement, un travail de recherche, pour une thèse de doctorat est considérée comme la pire «imposture intellectuelle».
Pour rappel, des faits similaires ont été révélés il y a quelques mois. En effet, le 5 novembre de l’année dernière, le quotidien électronique Tout sur l’Algérie (TSA) a donné les liens de deux textes presque similaires, l’un Algérien, datant de la même année, et l’autre, français, remontant à 2009. Les deux sont des rapports d’institution étatique. Le texte algérien, intitulé «la programmation de la recherche : concilier stratégie nationale et ambition des chercheurs», et signé par le professeur Abdelhafid Aourag, directeur de la recherche scientifique au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, est une copie conforme d’un document d’un ministère français intitulé «stratégie nationale de recherche et d’innovation 2009». Certains ont tenté de défendre le responsable algérien en affirmant qu’il avait laissé le soin à ses services d’élaborer le rapport et c’est à ce niveau là que le plagiat s’est produit. Dans tous les cas de figures, de tels faits ne feront qu’entacher encore davantage l’image, déjà bien dégradée, d’une université algérienne en proie à de multiples problèmes de fonctionnement.
Elyas Nour