La situation des enfants est « préoccupante » en Algérie, s’inquiète l’ONG Humanium dans un rapport publié lundi 18 novembre.
Sur la « Carte du Respect des Droits de l’Enfant dans le Monde » de l’association Humanium, rendue publique lundi 18 novembre, c’est la couleur orange qui domine dans la région MENA (Afrique du Nord et Moyen-Orient). Orange pour dénoncer, comme l’indique la légende de la carte, les largesses prises vis-à-vis des Droits des enfants dans ces Etats. Et l’Algérie ne fait pas exception.
La carte d’Humanium a été réalisée à partir de l’Indice de Concrétisation des droits de l’enfant. Soit une note comprise entre 0 et 10. Plus l’indice est haut, plus les droits de l’enfant sont réels dans le pays. Pour sa part, l’Algérie décroche un 7,3/10. Comme le Maroc et la Tunisie, l’Algérie se range dans la catégorie des « problèmes sensibles ». Dans le reste du Maghreb, la situation est pire pour les mineurs, peut-on constater d’après cette cartographie. La situation des enfants est « difficile » en Libye, en rouge sur la carte, et même « très grave » en Mauritanie, en noire sur la carte. La situation des « droits de l’enfant reste préoccupante », estime Laurine Jobin, coordinatrice Moyen-Orient et Afrique du Nord à l’Humanium. « Le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant doit être intégré au plus vite dans les politiques gouvernementales », continue-t-elle.
Une méthodologie floue
Le rapport d’Humanium est toutefois à prendre avec des pincettes car l’ONG ne donne aucune indication sur la méthodologie suivie pour élaborer cette carte. Sur son site, l’organisation explique avec peu de détails sa démarche. Parmi les critères retenus, le travail pour enfant, la pauvreté dans laquelle ils vivent et leurs difficultés pour accéder aux soins. En Algérie, 5 % des enfants de 5 à 14 ans sont forcés de quitter l’école pour subvenir aux besoins de leur famille, écrit sur son site l’ONG Humanium. Le taux de mortalité infantile, de l’ordre de 32‰, est « relativement élevé », particulièrement dans les régions rurales, explique encore l’organisation. « 10% des enfants algériens ne sont pas vaccinés contre les maladies les plus graves », avance Humanium. La violence envers les enfants est un autre facteur qui explique ce classement de l’Algérie. En 2010, la police algérienne a enregistré 4.600 plaintes d’enfants victimes de violences physiques, sexuelles ou de maltraitance, écrit l’ONG, soulignant que dans la majorité des cas les enfants n’ont pas le courage de porter plainte.