Plus de 30 entraîneurs limogés en l’espace d’une année. Record battu !
La valse est une danse très pratiquée dans le championnat de football algérien. Expert en la matière, il le prouve une nouvelle fois cette année. Avec plus de 30 départs d’entraîneurs, volontaires ou subis, au cours des douze derniers mois, la ligue algérienne est le championnat qui consomme le plus d’entraîneurs au monde.
Exit Hubert Velud de l’ES Sétif, Alain Geiger du MC Alger, Giovanni Solinas du MC Oran, Saïd Hammouche du CRB Ain Fakroun… Et la liste est encore longue. Le départ le plus médiatisé est certainement celui de Rolland Courbis, qui a quitté, treize mois après son arrivée, le navire de l’USMA pour rejoindre le club de Montpellier, le MHSC, en France. Un club qu’il a aidé à remonter en ligue 1 en 2009. Auteur d’un doublé, Coupe d’Algérie-UAFA Cup, Rolland Courbis a souhaité raccrocher son survêtement rouge et noir. « C’était de plus en plus compliqué, je supportais de moins en moins de choses. Je pars après 50 matchs, une trentaine de victoires, une dizaine de matchs nuls. Tout a une fin. Je préfère partir avec de bons souvenirs, j’ai besoin de me reposer quelques », avait-il expliqué au micro de RMC.
Si Rolland Courbis a préféré partir de l’USMA par la grande porte, certains de ses collègues font les frais de résultats en dents de scie. A l’instar de l’entraîneur italien Solinas, poussé vers la sortie par les dirigeants du MCO en novembre dernier. La faute à un maigre bilan : deux matchs gagnés à domicile et un point ramené de l’extérieur depuis le début de la saison.
Mais les résultats ne motivent pas toujours le départ précipité des techniciens, qui évoluent dans le championnat algérien. Sinon, comment expliquer que Abdelkader Amrani soit limogé par la JS Saoura dès la première journée de la compétition, alors que son équipe venait de s’imposer largement à domicile face à l’USM El Harrach (3-1) ? Ou encore que le franco-italien Diego Garzitto soit sacrifié par le CS Constantine dans des conditions quasiment similaires ? En effet, malgré de belles performances et une deuxième place au classement, le divorce entre les dirigeants constantinois et Garzitto a fini par être consommé.
Pour ralentir cette valse unique au monde des entraîneurs, les observateurs se demandent s’il n’est pas temps pour les autorités algériennes de football d’obliger les clubs à assurer un minimum de stabilité au niveau de l’encadrement technique. Il y a quelques années, la Fédération algérienne de football n’accordait pas plus de deux licences d’entraîneur pour chaque club. Mais cette limitation a très vite été levée.
13 licenciements en 13 journées
En attendant une telle mesure, la valse des entraîneurs a repris de plus belle, en ce début de saison 2013-2014. En 13 journées, on relevait déjà 13 départs. Au total, ils sont 15 entraîneurs avoir été remerciés par leur club au cours de la première moitié de la saison 2013-2014. Autrement, seuls cinq clubs ont été épargné par la valse des entraîneurs depuis le début de la saison. Un rythme inquiétant encore jamais atteint. Le dernier a avoir été éjecté est le Français Jean-Christian Lang, qui a remis sa démission à la direction de l’ES Sétif, pour « raisons médicales ». Les rumeurs sur son limogeage courraient depuis plusieurs semaines, en raison de résultats insuffisants (une seule victoire lors des six derniers matchs). Comme la JSS et le CR BAF, l’ESS change pour la troisième fois d’entraîneur en 2013. Et nous arrivons à peine à l’intersaison…