Quand le mondial devient le défouloir pour le racisme anti-algérien

Redaction

La Coupe du Monde sert-elle encore à la rencontre des nations et au partage d’un sport ? Si certains supporters ont un esprit d’équipe et vivent le mondial comme une fête, d’autres s’en servent pour règler leurs comptes, promouvoir un nationalisme exacerbé jusqu’aux clichés racistes. 

Cris de singes, peau de banane, interdiction de défiler, pas de drapeaux, rentrez chez vous… Si la haine était une équipe dans ce Mondial elle aurait sans doute le plus grand nombre de supporters. Certes la Coupe du Monde, se résume avant tout à l’esprit sportif, le challenge, l’épreuve de force et l’union d’un pays. Mais entre deux cris de joie, et un son de vuvuzela, les joueurs sur la pelouse doivent aussi essuyer les insultes et clichés racistes. Le football a-t-il failli à sa mission de réunir des pays des quatre coins du monde ?

Les stades sont habituellement confrontés à ce type de comportements. Certains supporters confondent nationalisme et racisme. Ainsi les joueurs de foot doivent essuyer les insultes et autres violences verbales dans une compétition où la concentration peut faire flancher une équipe.

Pire avant même le début du Mondial, des groupes extrémistes sont allés jusqu’à lancer des campagnes de diffamation, et instrumentaliser le football pour faire passer des messages haineux. Le bloc identitaire en France a beaucoup fait parler de lui. Obsédé par les supporters algériens il a lancé une véritable campagne de dénigrement en demandant dans un premier temps d’interdire les drapeaux algériens ou toute expression de joie des joueurs dans les rues françaises. Des membres de ce groupe ont même procédé à une campagne d’affichage « L’Algérie c’est ton pays et bien retournes-y », dans le quartier de Barbes à Paris.

 

D’autres internautes ont décidé de faire du zèle sur le web, en détournant des images pour . Le quotidien Le Monde a même consacré un article à ces messages « fake » distillés sur le web.  Au lendemain du match Algérie-Belgique pour certains militants, il était visiblement difficilement acceptable qu’il ne se soit rien passé. Alors ils ont tout simplement maquillé la réalité », écrit le quotidien sur son site. Ainsi sur les réseaux sociaux on peut lire :

 

Plus passivement, le football est détourné pour servir les clichés les plus basiques sur les pays. Récemment une émission de radio a soulevé une polémique en France. Des animateurs de la radio RMC se sont amusés à qualifier les joueurs de chaque équipe par des soi-disants attributs de leur pays. Ainsi les Algériens deviennent les « alqaïdos ».

L’apogée des réseaux sociaux a donné l’occasion aux supporters de commenter en live et surtout d’échanger directement entre supporters des différentes équipes. Ces derniers s’en donnent à coeur joie et rivalisent de remarques racistes les uns envers les autres.

Aucun pays n’est épargné par les commentaires faciles et empreints de haine. Les algériens ne sont pas seulement victimes mais aussi acteurs de racisme. Des supporters des fennecs un peu trop radicaux tombent aussi dans la facilité. Comme ce tweet qui recueille plusieurs messages insultants de supporters algériens repris par un twitto, qui lui-même tombe dans le racisme anti-algérien :

 

Les valeurs du sport n’ont jamais été aussi détournées, et oubliées pour laisser place à l’idiotie, et surtout l’inculture de certains supporters qui pensent que le match se déroule en dehors du terrain de foot.

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