L’Algérie est régulièrement confrontée à la surpopulation de ses prisons. Cette mauvaise situation n’est pas près d’être assainie avec le record historique qui vient d’être atteint.
Ces chiffres témoignent de l’importance de la population carcérale ; ils détrônent un précédent record établi en 2012 où les prisons algériennes comptaient déjà près de 70 000 détenus. Dans certaines prisons, le taux d’occupation atteint les 150 %. Cette situation de surpopulation carcérale est non seulement chronique mais, beaucoup plus, alarmante. La solution est, certes, proposée par la tutelle qui tend à construire de nouvelles prisons afin de faire face au « rush « des incarcérés. Toutefois, cette solution n’est pas pour demain d’autant que la construction de nouvelles prisons va prendre beaucoup de temps.
En attendant, les services de sécurité (Gendarmerie et police) interpellent chaque année une moyenne de 100 000 personnes et ce, pour diverses affaires. Certes, la moitié des personnes interpellées par les forces de l’ordre sera relâchée, mais l’autre moitié sera mise en prison. Faut-il s’orienter vers une politique de limitation de l’incarcération ? Une question qui reste sans réponse en Algérie, bien qu’il soit grand temps de débattre du phénomène. D’autre part, il convient de souligner que le taux de la criminalité, que ce soit dans les milieux urbains ou dans les zones rurales et suburbaines, est en train de croître rapidement.
Chaque jour, près de 130 actes de criminalité entre agressions, vols d’objets de valeur et véhicules, cambriolages de maisons, trafic de drogue et destruction de biens publics sont traités par les services de sécurité. Cela a entraîné une vague d’arrestations, et donc l’augmentation de la population carcérale.