Après le caricaturiste Djamel Ghanem, un autre journaliste vient d’être victime d’un dépassement. En effet, Ammar Nadir, exerçant au quotidien «L’Est Républicain», a été agressé, hier, à Annaba, par un sénateur de cette même ville.
«Ammar Nadir, journaliste au quotidien L’Est Républicain a fait l’objet, ce lundi 24 février 2014, d’une lâche agression physique, perpétrée contre lui, à Annaba, par le sénateur de la même ville et appartenant au Front de libération nationale (FLN), répondant au nom de Chebli Bachir», indique-t-on dans un communiqué du Syndicat national des journalistes (SNJ).
Le SNJ a même saisi le président du Sénat pour qu’il réagisse face au comportement du sénateur. «Le Syndicat interpelle publiquement le président du Sénat, lui demandant de prendre les mesures adéquates à l’encontre de cet individu qui n’honore guère cette institution censée être constituée de sages de la nation», ajoute-t-on. Le SNJ n’a pas indiqué les raisons d’une telle agression.
Le sénateur mis en cause a également réagi et en publiant un communiqué pour démentir cette version. Il justifie cette altercation par le fait que le journaliste en question « s’est permis en compagnie d’un repris de justice notoire très connue à Annaba le Nommé Mehnaoui jamel en avril 2013, de me piéger en enregistrant à mon insu une chaude conversation relative aux problèmes de développement dans notre wilaya et s’est précipité pour la faire écouter par l’ex Wali d’Annaba Mr Ghazi Mohamed », écrit-il dans son démenti. Et d’ajouter « ni mon éducation, ni ma fonction ne me permettent d’agir de la sorte , je suis de ceux qui ont toujours milité pour la libertés de la presse et j’ai beaucoup de respect pour les professionnels de la presse et leur institution que je considère comme un éclaireur de la société. »
Or cet incident intervient au moment où de plus en plus de journalistes sont en proie à des dépassements de la part de représentants de l’Etat, notamment en dehors de la capitale. Pour rappel, le caricaturiste Djamel Ghanem, qui travaillait à la «Voix de l’Oranie», est poursuivi en justice pour une caricature «attentatoire» au Chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, alors que le dessein n’est jamais paru. Le comble dans cette affaire c’est que c’est son directeur, qui avait retrouvé par hasard le dessin, qui a déposé plainte contre lui.
Dans cette nouvelle affaire d’agression, «le Syndicat assure par ailleurs notre confrère de son entière solidarité et en appelle, de manière générale, aux autorités compétentes pour mettre un terme à ces comportements de voyous qui ont tendance à se répéter contre les membres, femmes et les hommes, de la famille de la presse nationale», lit-on, pour finir, dans la déclaration du SNJ à propos de l’agression commise contre le journaliste Ammar Nadir.
Elyas Nour