Le ministre de la Communication veut peser de tout son poids et celui de l’exécutif gouvernemental pour faire passer sa loi sur l’audiovisuel.
Pour forcer les députés, notamment ceux de la Commission culture et Communication, chargés d’étudier l’avant-projet de loi, Abdelkader Messahel est parti lui-même se réunir, jeudi dernier, avec la présidente de la commission, Houda Souiki et le président de l’Assemblée populaire nationale, Mohamed-Larbi Ould-Khelifa.
Alors que la commission a terminé l’examen de la loi le lundi 30 décembre en supprimant définitivement la référence à la création de « chaînes thématiques », les membres de la Commission ont été conviés à une nouvelle réunion jeudi, 2 décembre. « Je me suis présenté, il n’y avait personne », raconte Abdelghani Boudebouz, député de l’Alliance pour l’Algérie Verte et membre de la commission Culture et Communication. Pis encore, ajoute notre interlocuteur, « j’apprends sur place qu’une réunion regroupant le ministre, le président de l’Assemblée et la présidente de la commission se tenait au 5e étage ».
Le député, qui juge ce texte « illégal » qualifie cette interférence de l’Exécutif dans le travail des parlementaires est « un précédente très grave ». «Comment l’amendement a été retiré sans que les députés ne soient informés ? ». « Moi-même, j’ai appris la nouvelle par téléphone », raconte-il.
La présidente de la Commission, elle, raconte une autre version. D’après elle, il s’agit d’un simple problème de conformité avec la loi organique. « Nous ne pouvons pas garder une loi non conforme à la Loi organique sur l’information », a-t-elle dit, en référence à l’article 63 qui ne porte en réalité que sur les chaînes publiques thématiques. En tous cas, les débats risquent d’être animés. Mais il semble que le gouvernement ne veut rien lâcher.
Essaïd Wakli