Jennifer Grout, l’Américaine qui ne parle pas un mot d’arabe, s’est hissée jusqu’en finale du télé-crochet Arabs got Talent. Et si la nouvelle star de la chanson arabe c’était elle ?
Un objet cathodique curieux. Depuis sa première apparition à la télévision libanaise, en septembre dernier, Jennifer Grout n’en finit pas d’attiser la curiosité des téléspectateurs. Subjugués par la voix de cette jeune femme blonde, qui ne parle pas un mot d’arabe mais maîtrise le répertoire classique arabe sur le bout des doigts, les téléspectateurs du télé-crochet ‘Arabs Got Talent’ ne cessent de se demander : Mais qui est vraiment cette candidate si atypique?
« Aucune racine arabe »
« Je n’ai absolument aucune racine arabe ni turque. Mes parents viennent de Randolph, dans le Vermont. Je suis née et j’ai grandi à Boston dans le Massachussetts. Je n’ai commencé à étudier la musique arabe qu’en 2010 », affirme Jennifer Grout à France24 depuis Beyrouth, où elle se prépare pour la finale du concours, qui aura lieu samedi 7 décembre. « Vous pouvez demander à n’importe lequel des membres de ma famille ou de mes amis, avant je ne connaissais rien du monde arabe, à part que c’est dans cette région qu’a été inventé le couscous et la danse du ventre ! ».
« La musique arabe a simplement touché mon cœur et mon âme »
Issue d’une famille de musiciens, Jennifer a appris dès son plus jeune âge à jouer du piano et du violon. Son amour pour la musique arabe est venu plus tard. Alors qu’elle suivait des études de musique à l’université canadienne de Montréal McGill, Jennifer découvre la richesse du patrimoine musical arabe en « lisant un article en ligne sur Fairouz ». La voix unique et envoutante de la star libanaise « m’a intriguée et fascinée », déclare Jennifer à l’AFP. « J’ai très vite été passionnée. Peut-être parce que cela sort du schéma classique scolaire et que c’est quelque chose qui m’appartenait. Personne ne m’a poussé à le faire, cela a simplement touché mon cœur et mon âme », raconte-t-elle. « J’ai alors décidé d’explorer la musique arabe », poursuit-elle.
Jennifer prend alors des cours d’oud et apprend les grands titres du patrimoine musical arabe sur internet. Grâce à des traductions en ligne et l’aide d’amis arabophones, la jeune chanteuse parvient à saisir le sens des tubes qu’elle interprète. « Bien sûr, il est essentiel de comprendre ce qu’on chante », explique-t-elle à France 24.
Du métro de Paris à la télévision libanaise
Diplôme en poche, Jennifer prend la route. Maroc, Espagne, Autriche, France, l’Américaine voyage avec son oud et fait découvrir aux badaux et passagers de métro des tubes de la chanson arabe. « À Paris, j’ai travaillé dans le métro. J’ai vu des gens le faire et je me suis dit : pourquoi pas moi ? Je suis montée dans un wagon, j’ai posé mon chapeau, pris ma respiration et j’ai commencé à chanter de la musique arabe a cappella. La première fois, je me suis fait 30 euros en deux heures ! », se souvient-elle avec humour.
Inscrite par une amie à l’émission Arabs got Talent, Jennifer n’oubliera jamais sa première prestation. « Je me disais, ‘Oh mon dieu’, je ne comprends pas ce qu’ils disent, ni leurs commentaires ni leur avis. Donc, j’ai simplement souri et hoché la tête ». Une barrière de la langue qui ne l’a pas empêchée de poursuivre l’aventure. Même si elle ne parle pas arabe, l’artiste venue des États-Unis arrive à faire passer une intense émotion. « Je pense qu’il y a différentes formes d’intelligence, et par chance, j’ai reçu une sorte d’intelligence musicale. Ce don combiné à des années d’entraînement et à une passion immense pour cette musique, me permet d’exceller dans cet art », confie la nouvelle coqueluche du Moyen-Orient à France 24.
Dès sa première apparition à la télévision libanaise, en septembre dernier, Jennifer a conquis le jury avec sa reprise impressionnante de la diva égyptienne Oum Kalthoum, « Baeed Annak » (Loin de toi). Elle passe avec brio chaque étape du show jusqu’à se hisser le 1er décembre dernier en finale du programme.
Et si demain elle gagne l’un des concours de chant les plus populaires du Moyen-Orient ? « Si je gagne, je pense que je laisserai venir les opportunités. Avec un peu de chance, cela m’apportera suffisamment de visibilité pour pouvoir me produire en concerts, parce que c’est vraiment ce que j’ai envie de faire, si c’est possible, jusqu’à la fin de ma vie », rêve Jennifer.
VIDEO Redécouvrez les meilleures prestation de Jennifer Grout :
Quand Jennifer reprend « Baeed Annak » de Oum Kalthoum
En demi-finale, Jennifer chante « Ya Toyour » de la Syrienne Asmahane
http://www.youtube.com/watch?v=4PkVUDAG4_M