L’indignation dans la classe politique algérienne est grande deux jours après l’attaque sur le consulat d’Algérie à Casablanca par un groupe de militants royalistes marocains.
Deux jours après la violation du consulat d’Algérie à Casablanca, la pression ne retombe pas. C’est au tour des parlementaires algériens, de toutes couleurs politiques confondues, de dégainer. Ce dimanche 3 novembre, le président du groupe parlementaire de l’Alliance de l’Algérie verte (AAV), Youcef Khebaba a été l’un des premiers députés algériens a tiré sur les autorités marocaines, qui ont laissé faire un « rassemblement inadmissible » devant le consulat d’Algérie à Casablanca. Cet incident diplomatique du 1er novembre constitue une « violation des lois et usages internationaux », accuse-t-il.
Au moment où l’Algérie célébrait les 59 ans du soulèvement populaire du 1er novembre 1954, un groupe de militants marocains s’est introduit dans le consulat d’Algérie à Rabat, s’est hissé sur le toit de la bâtisse et à décrocher le drapeau algérien. Un « dépassement grave » contre un symbole de l’Etat algérien, a dénoncé ce dimanche Noureddine Essed dans une déclaration à l’APS. Le député du Front pour la Justice et le développement (FJD), Lakhdar Benkhallaf évoque, lui, une profanation « irresponsable » d’un emblème national, qui a « profondément blessé les Algériens ». De son côté, le secrétaire général par intérim du parti du Rassemblement national démocratique (RND), Abdelkader Bensalah, s’est indigné que le « Mouvement des Jeunes Royalistes » choisisse le 1er novembre pour mener une telle action, « le jour de la célébration du 1er novembre 1954 dont les Marocains connaissent bien la valeur pour les Algériens ». Il confie avoir « été profondément touché par le comportement d’un pays voisin et frère dont nous portons une grande estime pour son peuple ».
« Un acte isolé »
Pour Youcef Khebaba, les activistes marocains sont cette fois allés trop loin. Ils exigent des « excuses de la part de l’Etat marocain ». Le ministre de l’Intérieur algérien ne veut pas non plus en rester là. En déplacement à Mostaganem ce dimanche, le ministre a souhaité que « l’enquête annoncée par le Maroc révèle qu’il s’agit d’un acte isolé et qu’il n’existe aucune implication de près ou de loin des autorités marocaines et que le jeune impliqué assume ses responsabilités » et « c’est alors que les choses reprendront leur cours normal ». Il a affirmé que « les éléments de preuve, examinés par des experts algériens, ne donnent pas de crédit à la thèse de l’acte isolé » avancée par les autorités marocaines. « Nous attendons des explications circonstanciées qui ont été exigées de la partie marocaine », a-t-il souligné.
« Pour une unité du Maghreb »
De son côté, Ahmed Betatache, le premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), tente de calmer le jeu pour éviter que l’incident du 1er novembre ne s’enlise dans une crise politique profonde. Tout en condamnant l’atteinte au consulat algérien à Rabat, il a indiqué que la diplomatie est aujourd’hui « plus que jamais appelée à jouer son rôle pour préserver les bonnes relations entre les deux peuples ». C’est ainsi que le FFS a appelé dès le lendemain de la violation du consulat d’Algérie à « une véritable unité du Maghreb, fondée sur le respect mutuel et la coopération ».