Certains hommes changent de ville pour produire un certificat de célibat, d’autres enfantent avec la deuxième partenaire pour obliger le juge à mener une action en reconnaissance du mariage.
Bon an mal an, le nombre d’hommes se donnant le droit d’avoir plus d’une épouse au Maroc ne dépasserait pas le millier par an (0,27% de l’ensemble des mariages scellés en 2008; 0,31% des 314.400 actes de mariage conclus en 2009, selon le ministère de la justice).
Nombre insignifiant, pourra-t-on dire, la polygamie n’est pas interdite, mais elle est assortie, depuis le code de la famille entré en vigueur en 2004, de conditions si draconiennes qu’elle devient, en théorie, quasiment impossible.
Mais la réalité sur le terrain dit autre chose, les demandes pour avoir une seconde épouse se comptent par milliers dans les tribunaux, selon Nadia Mouhir, avocate au barreau de Rabat, «et ce ne sont pas uniquement les riches qui la formulent, j’en vois aussi des moins riches, des intellectuels, des cadres de société…»
Seul hic, ajoute-t-elle, «avec la nouvelle procédure instituée par le nouveau code, ils ne l’obtiennent pas facilement».
La procédure: Pour avoir droit à une seconde (ou à une troisième ou quatrième épouse, la loi marocaine ne l’interdit pas), la loi exige de l’époux une autorisation du tribunal, que sa demande soit suffisamment justifiée, que le requérant ait la capacité financière de subvenir aux besoins des deux familles, qu’aucune injustice ne soit à craindre…
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Jaouad Mdidech