Quand Mohamed VI fait de la diversion

Redaction

mohamed vi

Profitant de la célébration de la fameuse marche verte, qui avait permis au Maroc d’envahir le Sahara Occidental, le Roi Mohamed VI a encore une fois déversé son venin sur l’Algérie, sans la citer nommément.

Dans un discours lu d’une traite, le souverain marocain n’a donc trouvé mieux comme réponse aux critiques sur les violations des Droits de l’Homme que d’accuser « un pays » qui « financerait » les ONG internationales dans le but de « faire des rapports » hostiles à son pays. Puis, se disant contre « les leçons sur les droits de l’Homme de ceux qui ne le respectent pas », Mohamed VI nie toute violation des droits humanitaires.

Pourtant, le Roi du Maroc sait très bien que ses services ne respectent pas forcément les Droits de l’Homme, ni dans le Sahara Occidental,  ni dans les autres régions. Il sait également que si des ONG ont soulevé cette problématique, c’est qu’il  y avait urgence. Et ce n’est pas la Fondation Robert Kennedy qui dira le contraire, elle dont la présidente a subi des violences de la police de Sa Majesté. Comment pourra-t-elle dire le contraire, elle qui a été frappé par des policiers qui n’ont même pas respecté son statut ?

Pis, puisque Mohamed VI atteste que son gouvernement respecte les Droits de l’Homme, pourquoi se permet-il alors d’empêcher systématiquement toute visite dans les territoires occupés du Sahara Occidental où même des députés européens avaient été interdits d’accès ?

En vérité, le Roi du Maroc sait très bien que sur la question du Sahara Occidental, il n’a plus d’arguments à présenter. Et l’agitation de  ces derniers jours n’est destinée, en fait, que pour faire diversion à l’occasion de la visite qu’effectuera le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry dans la région.

La question des Droits de l’Homme au Sahara Occidental n’est pas nouvelle en vérité. Puis qu’il y a moins d’une année, le Conseil de Sécurité des Nations-Unies avait failli voter une résolution permettant l’intégration de ce chapitre dans les prérogatives de la mission des Nations Unies pour le Sahara Occidental.

Le lobbying marocain a poussé les Américains à édulcorer la résolution du Conseil de sécurité qui appelle plutôt à mettre sous surveillance cette question. Pourquoi donc le Roi du Maroc se focalise sur cette question maintenant ?  La réponse est à chercher ailleurs.

Essaïd Wakli