A peine nommé, le Premier ministre palestinien démissionne

Redaction

Mahmoud Abbas président de l’Autorité Palestinienne a accepté la démission de son premier Ministre Rami Hamdallah, fraîchement nominé trois semaines plus tôt (6 juin). Ce dernier avait déposé sa démission le jeudi 20 juin avant de la suspendre le lendemain suite à une entrevue avec le président.

En cause : un partage confus des prérogatives entre le premier ministre démissionnaire et deux vice-Premiers ministres. Rami Hamdallah était encadré, dans son cabinet, par deux vices Premiers Ministres : Ziad Abou Amr (un député) ainsi que Mohamed Moustapha, président du FIP (Fond d’Investissement de Palestine) et conseiller économique du président. Ce dernier, proche du président et de son parti El Fatah, avait obtenu du Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas un mandat pour signer des accords avec la Banque mondiale, fonction qui, jusque là, était détenue par le Premier Ministre. C’est cette décision qui aurait entraîné la démission de Rami Hamdallah, selon un de ses proches.

Durant son entrevue avec le chef de l’OLP, Rami Hamdallah a réclamé « des compétences claires et définies pour lui en tant que chef du gouvernement et pour ses vice-premiers ministres conformément à la loi afin d’éviter les conflits et les empiétements sur les prérogatives » de chacun, selon un haut responsable.  Le Président ayant rejeté ces réclamations, le porte parole de Mahmoud Abbas a annoncé que « le président a accepté la démission du Premier Ministre et lui a confié la tête d’un gouvernement intérimaire ».

Une crise institutionnelle profonde

L’ « ex-Premier Ministre », Rami Hamdallah, est considéré comme étant un modéré du Fatah. Universitaire et président de l’université Al-Najah de Naplouse, il ne disposait pas d’une marge de manœuvre aussi large que celle de son prédécesseur Salam Fayaad. D’ailleurs dès son intronisation, Rami Hamdallah avait exprimé sa volonté de se retirer rapidement au profit d’un gouvernement d’union nationale, en vertu des accords de réconciliation entre le Fatah et le Hamas. « M. Hamdallah n’était pas enthousiaste et n’a accepté le poste qu’à titre provisoire, la preuve en est qu’il n’avait pas (à l’époque) démissionné de la présidence de l’université » Al-Najah de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, relève le politologue palestinien Abdelmajid Souilem.

Pour beaucoup d’analystes, ce départ précipité du gouvernement trahit le mal profond qui décompose lentement l’Autorité palestinienne. Ainsi, le secrétaire général du Parti du peuple palestinien (ex-communiste) Bassam Salhi a déclaré à l’AFP que « la démission de M. Hamdallah confirmait l’existence de la crise institutionnelle du système politique palestinien ».

Mordjane Cherif avec agences