Ce 11 janvier 2015 est marqué par un rassemblement exceptionnel en France et notamment à Paris, où l’image surréaliste de 50 chefs d’État dans un même convoi entamant une « marche Républicaine » main dans la main restera gravée dans l’Histoire moderne. Mais loin des flashs des médias et des Charlie par milliers, est perpétré dans un silence honteux un véritable massacre. Le bilan des atrocités commises par les bourreaux de Boko Haram au Nigeria est extrêmement lourd et préoccupant. On parle de 16 villages détruits et de plus de 2000 morts dans l’indifférence la plus totale. Allo le monde, où est Charlie en Afrique ?
Pendant que les caméras du monde entier sont braquées sur le moment historique qu’est en train de vivre la France, et son cœur Paris, véritable « capitale mondiale » qui voit se rassembler, parmi les centaines de milliers d’anonymes, les chefs d’Etat du monde entier. Mais le monde des revendications, le monde de la révolte, le monde de l’insoumission à l’intégrisme a oublié tragiquement le drame dans lequel est enfermé le Nigeria, qui se noie dans le sang de son peuple tombant sous les attaques de Boko Haram. Amnesty International rapporte cette information glaçante: « Il semble que l’attaque contre Baga et les localités alentours pourrait être la plus meurtrière à ce jour d’une série d’actions de plus en plus haineuses menées par le groupe”.
Un véritable massacre perpétré dans l’indifférence générale
Les chiffres sont absolument révoltants. Les morts se comptent par milliers, pas moins de 2000 personnes tuées et 20 000 personnes en fuite entre le 6 et le 8 janvier. C’est un véritable carnage auquel se livre Boko Haram qui détruit tout sur son passage. Le Washington Post rapporte même ce fait absolument désolant : « Même l’Etat islamique, qui a tué des milliers de personnes et cible à dessein des minorités, ne semble pas agir de manière aussi gratuite dans ses carnages. Il semblerait que tout le monde – musulmans, chrétiens, camerounais, nigérians – soit une cible pour Boko Haram ».
Un vide médiatique
L’Afrique a depuis toujours été tristement habituée à être reléguée au second et même au 10e plan de l’actualité. Grande oubliée des Unes consacrées aux drames humains à répétition qui la touche à l’heure des JT, c’est dans l’indifférence générale et dans l’horreur qu’en toute impunité, Boko Haram déverse sa folie meurtrière sur des villages entiers, privés de moyens de défense, livrés à eux-même dans le chaos le plus total.
A l’heure où la planète se soulève comme un seul Charlie pour crier « non » au terrorisme et pour montrer son unité dans la liberté et la solidarité, elle ferait bien de tourner ses objectifs vers l’Afrique et notamment vers le Nigeria, qui souffre dans une solitude totale en ce moment même.
#BRINGBACKOURGIRLS
Oui les images de ce monde qui s’oppose avec des bannières et des pancartes prônant la liberté sont belles, mais elles perdent de leur superbe parce qu’elles oublient les théâtres où se jouent le chaos et l’enfer des fanatiques.
On se rappelle tous des nombreux messages sur les réseaux sociaux #BRINGBACKOURGIRLS, mais qui s’en soucie aujourd’hui encore ? Que sont devenues ces 200 lycéennes nigérianes vendues sur les marchés, mariés et converties de force ou réduites en esclavage. A l’heure où le monde défile dans la rue pour la liberté et contre le terrorisme, cela fait 270 jours qu’elles sont portées disparues.
Il est urgent d’agir et de médiatiser ce drame humain au même titre que les autres. L’heure est grave, comme l’apprend les Inrocks: « En un an, Boko Haram a en effet réussi à prendre le contrôle de plus de 20 000 km2 dans le nord-est du pays. »