Depuis vendredi après-midi, la presse française ne parle plus que de ça : l’annonce du retour de Nicolas Sarkozy sur la scène politique. Un retour contraint, forcé, « par défaut » en vue de la présidence du parti de droite l’UMP en novembre prochain. Alors que l’ex-président français se voyait revenir par la grande porte en 2016 comme sauveur des Français, il est contraint de remettre les mains dans le cambouis et de s’abaisser à la politique partisane. Florilège des réactions de la presse française.
« Surprise, Nicolas Sarkozy est candidat à la présidence de l’UMP », a titré ironiquement le quotidien français Libération, sur son site internet vendredi. Après des semaines de faux suspens, l’ex-président de la République a annoncé son retour en politique en vue de l’élection à la présidence de son parti le 29 novembre prochain.
Un retour annoncé
« Nicolas Sarkozy, chronique d’un retour annoncé », ont titré de façon fortuite les deux grands quotidiens français Le Monde et Le Figaro, vendredi sur leur site internet. Récit minutieux pour le premier, simple illustration pour le second, les deux médias détaillent la « stratégie cartes postales » de l’ancien président de la République en vue de son retour.
« L’ancien président sait aussi que les Français n’aiment rien de plus que les retraités de la politique. Honnis au pouvoir, les responsables publics sont regardés avec bienveillance dès lors qu’ils posent un pas en-dehors de la scène. Nul n’ignore l’immense popularité de Jacques Chirac. Pour Nicolas Sarkozy, il convient donc de se tenir en retrait, tout en se rappelant de temps à autres au bon souvenir de ses compatriotes. La séquence des « cartes postales » s’ouvre pour le retraité le plus actif de France », écrit Le Monde.
En effet, personne n’est dupe, « Sarkozy n’est jamais vraiment parti » comme le titre Libération. « Faux huis clos, photos, propos rapportés… L’ancien président a utilisé tous les moyens pour parler et faire parler de lui et de son retour. »
La question des affaires
Mais de toute évidence, un retour par la case UMP n’était pas le scénario qu’il avait imaginé. « L’ancien président réapparaît donc par la petite porte, alors qu’il rêvait de se poser en homme providentiel, au-dessus des partis, répondant aux appels d’un peuple le voyant comme le messie », écrit le journaliste du Monde Alexandre Lemarié. Nicolas Sarkozy n’a finalement pas eu le choix compte tenu des nombreuses affaires dans lesquelles il est impliqué.
« Azibert, financement libyen, Bygmalion, Karachi… Ces affaires constituent autant d’obstacles dans son parcours pour revenir au sommet du pouvoir, alors que d’autres encore menacent ses amis », analyse le journaliste de Mediapart Michel Deléan. Des affaires qu’il a ces derniers mois tenté de tourner à son avantage par une stratégie de victimisation. « Nicolas Sarkozy a d’ailleurs fait le choix tactique de pilonner les juges avant d’annoncer son retour. Il a adopté une posture de martyr, se disant victime d’un hypothétique complot politico-judiciaire. Un pari berlusconien à quitte ou double, car il peut indisposer plutôt que convaincre. » écrit le pure-player.
Branle-bas de combat à l’UMP : les militants qui retournent leur veste
La dernière question qui préoccupe la presse française quant à ce retour concerne les soutiens dont s’entourera l’ancien chef de l’État pour sa conquête de l’UMP. « Nicolas Sarkozy revient à l’UMP, mais avec qui ? », se demande ainsi FranceTv info. Hommes de l’ombre, sarkozystes historiques, jeune garde : le site liste dans un article très complet les différents cercles de soutien du candidat déclaré à la présidence de l’UMP. Sur un autre ton, le pure-player français Mediapart pointe du doigt les « censeurs d’hier rentrés dans le rang », désignant ainsi les anciens ministres, journalistes et dirigeants étrangers, au premier rang desquels Dominique de Villepin, ennemi juré de Nicolas Sarkozy après l’affaire Clearstream, qui ont retourné leur veste en prévision du retour du leader.