La laïcité en France fait-elle deux poids deux mesures ? C’est la question soulevée par certains élus français après que Bertrand Delanoë, le maire de Paris ait écourté le Conseil de Paris en raison de la célébration de Yom Kippour.

Bertrand Delanoë a écourté le Conseil de Paris mardi en début d’après-midi, en raison du début de la fête religieuse juive la plus importante, Yom Kippour. La réunion dure habituellement deux jours, et devait se terminer demain. La décision peut surprendre, étant donné que la France tient au respect absolu de laïcité dans ses institutions. De plus elle coïncide avec la date de création du premier observatoire parisien de la laïcité en France.
Delanoë villipendé
Les réactions n’ont pas tardé à arriver après l’interruption du Conseil. « Nous avons une conception divergente sur la laïcité. Bertrand Delanoë a une oreille trop complaisante à l’égard des obédiences religieuses », a critiqué Gilles Alayrac, un élu du Parti Radical de Gauche, jugeant cette attitude « scandaleuse ».
De son côté le maire de Paris a répondu que « Personnellement, j’essaie de tenir compte de toutes les composantes de la société parisienne. » Un message à l’attention de Jean-François Legaret, chef de file du groupe UMP, qui estimait qu’il n’était « pas opportun » que le Conseil de Paris siège le jour du Yom Kippour.
La communauté musulmane de Paris a également exprimé son incompréhension. Dans les médias communautaires tels que Saphir News ou Oumma, qui estimaient que la laïcité française était à deux vitesses.
Cette situation n’est pas inédite, car le Conseil avait déjà interrompu sa session pour la même fête de Yom Kippour en 2009, alors qu’il était dirigé par la droite.