Le premier président de la Tunisie démocratique Moncef Marzouki s’est exprimé mercredi devant l’Assemblée Nationale française.
En visite officielle en France, Marzouki a été le premier dirigeant étranger à s’exprimer à l’Assemblée depuis 2006.
Il s’est appliqué à dissiper les malentendus possibles liés à son alliance avec le parti islamiste Ennahda, victorieux des dernières élections législatives.
Le président, qui dépend d’un parti de centre-gauche, a défendu cette alliance : « On me pose souvent la question : est-ce que la Tunisie est tombée dans l’escarcelle de l’islamisme ? La réponse est non, la Tunisie est t’escarcelle de la démocratie », a-t-il déclaré sous les applaudissements des députés français.
« De la même façon qu’il existe en Occident des chrétiens-démocrates, il y a et il y aura dans le monde arabe des partis islamo-démocrates dont Ennahda n’est que le prototype tunisien. »
Peu convaincus par la bonne volonté de Marzouki, une partie de l’opposition de droite ne s’est pas présentée dans l’hémicycle.
Le président tunisien a également abordé le sujet des rapports entre la France et son pays d’origine, et de son renouveau nécessaire.
« Une fraction de la France officielle avait soutenu, directement ou indirectement, la dictature qui nous a opprimés » a-t-il rappelé avant de souligner que « la partie essentielle de la France, celle des partis et des syndicats, des organisations de la société civile, la France des médias, des intellectuels et des simples citoyens, la France qui m’a donné asile, ne nous a jamais fait défaut et nous a soutenu autant qu’elle le pouvait ».
Moncef Marzouki a également présenté un nouveau plan pour développer la construction du Maghreb : « Les cinq pays ont tellement de points communs […], imaginez la formidable accélération du développement, imaginez les opportunités inédites d’affaires et d’investissement qu’une telle mise en place apporterait.»
Après l’élocution à l’assemblée, le président a rencontré le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à Matignon. Les deux hommes ont décidé de créer « un groupe d’impulsion économique pour aider la transition en cours » a indiqué l’entourage de Jean-Marc Ayrault à l’AFP.
Le séjour de Moncef Marzouki s’achève aujourd’hui par une visite à Marseille.
Sarah Haderbache