Des chercheurs suisses considèrent qu’il est « possible » que Yasser Arafat ait été victime d’un empoisonnement au polonium, une substance hautement toxique.
Dans un article de la prestigieuse revue scientifique britannique The Lancet, des chercheurs suisses, qui ont eu accès aux effets personnels de l’ex-leader de la cause palestinienne, estiment « possible » que l’ancien raïs palestinien ait été empoisonné.
« Plusieurs échantillons renfermant des traces de fluides corporels (sang et urine) contenaient une radioactivité plus élevée et inexpliquée au polonium 2010 par rapport aux échantillons de référence », écrivent ces experts de l’Institut de radiophysique de Lausanne (IRA).
Autre preuve du « possible » empoisonnement de Yasser Arafat : le tableau clinique de l’ancien Président de l’Autorité palestinienne au moment de sa mort, le 11 novembre 2004 à l’hôpital militaire Percy de Clamart, dans la banlieue parisienne. Yasser Arafat souffrait de nausées, « vomissements », « fatigue », « diarrhée », « anorexie » ainsi les défaillances hépatiques et rénales. Des symptômes propre à un cas d’empoisonnement au polonium, une substance hautement radioactive.
Démenti russe
Des doutes mais encore aucune confirmation formelle. Le centre hospitalier universitaire vaudois, dont dépend l’IRA, estime d’ailleurs qu’il « n’est toujours pas possible de conclure qu’il (Arafat) a été empoisonné ». Des déclarations assez troublantes quand on sait que c’est ce même Institut qui a relancé la théorie de l’empoisonnement de Yasser Arafat en juillet 2012. Les chercheurs issus de l’IRA avaient été les premiers à révéler l’existence de trace de polonium sur les attributs personnels de l’ex-chef de l’Organisation de libération de la Palestine.
Après ces révélations sur la chaîne Al Jazeera, la veuve du leader palestinien, Souha Arafat, a porté plainte devant le tribunal correctionnel de Nanterre, près de Paris. Les juges d’instructions en charge du dossier ont alors ordonné l’exhumation de la dépouille de Yasser Arafat, enterré à Ramallah en novembre 2012. Une soixantaine d’échantillons ont été répartis pour l’analyse entre trois équipes d’enquêteurs suisses, français et russes, chacune effectuant son travail séparément. Leurs conclusions ne sont toujours pas connues.
Mais de son côté, l’équipe russe a déjà mis en cause les résultats des scientifiques de Lausanne. Yasser Arafat « n’a pas pu être empoisonné », a ainsi assuré le directeur de l’Agence fédérale d’analyses biologiques, Vladimir Ouïba. « Les experts russes qui ont mené l’analyse (des échantillonsà n’ont pas trouvé de trace de cette substance », a-t-il indiqué. Dans un entretien à l’agence de presse.