Selon Mr Amir- Aslani, « Les pays arabes ont tout essayé, sauf l’islam, qui reste la seule force réelle d’opposition »

Redaction

L’avocat Mr Ardalan Amir-Aslani revient sur le récent succès de l’islam politique, notamment du aux révolutions arabes du printemps dernier. Pour l’avocat, l’islam représente la seule réelle force d’opposition qui, omniprésente dans les sociétés arabes, doit se refléter inéluctablement dans le pouvoir politique. 

Selon l’avocat, les révolutionnaires arabes du printemps dernier, que ce soit sur la place Tahrir ou à Tunis, s’opposaient en majorité à un pouvoir séculier et extrêmement pro-occidental. Ainsi selon lui, par définition, le mouvement s’opposant au régime en place, est non-séculier, puisqu’il s’oppose à la logique défini par le pouvoir, que ce soit Ben Ali, ou en Egypte Hosni Moubarak, deux dictateurs prônant un rapprochant extrême avec l’Occident.

Aujourd’hui en Egypte, l’Assemblée et le pouvoir législatif est majoritairement représenté par des islamistes politiques, que ce soit les Frères musulmans, ou d’autres mouvements salafistes. En Tunisie, la victoire du parti Ennahda, parti islamiste, montre le succès de l’islamisme politique et sa revendication par une partie des révolutionnaires.

Pour l’avocat, ces pouvoirs qui étaient en place, avaient effectué déjà, des prises de position, que ce soit en faveur de l’Occident et de ce qu’il représente en matière de libéralisme et de capitalisme économique, ou en faveur du nationalisme arabe, en souvenir par exemple du grand leader du panarabisme, l’égyptien Gamal Abdel Nasser.

« Les pays arabes ont tout essayé, sauf l’islam. Je suis de ceux qui considèrent qu’il y a une dette du gouvernement arabe face à l’islam. »

Selon l’avocat, les pays arabes tendent inévitablement vers un parallélisme entre la gouvernance et l’islam, soit un islamisme politique au pouvoir. Il souligne d’ailleurs que « l’islam est une force politique incontestable ».

« L’islam est la seule force qui s’est positionnée durant toutes ces années comme une force réelle d’opposition dans les pays arabes »

L’exemple des Frères musulmans est pertinent puisqu’à travers les œuvres caritatives, ils sont omniprésents dans la société égyptienne, et inéluctablement, ils y développent une influence considérable, qui doit se refléter, tôt ou tard, dans le pouvoir politique.

Amir-Aslani est avocat au Barreau de Paris. Il conseille les entreprises françaises et étrangères dans leurs opérations de fusions-acquisitions transnationales ainsi que les grands fonds d’investissement. Il intervient dans le domaine du droit public international et représente plusieurs Etats à travers le monde.

Il a publié Iran : le retour de la Perse, Picollec (16 février 2009) et La guerre des dieux : Géopolitique de la spiritualité, Nouveau Monde Editions (17 novembre 2011).

Ania K. Ould-Lamara