Face à la colère des jeunes chômeurs du sud, le gouvernement agit. Oui, des mesures concrètes viennent d’être décidées au profit de cette frange fragile de la population. Mais, décidément, ces mesures n’ont pas encore convaincu grand monde dans le sud. Les organisateurs de la marche du 14 mars, jeudi prochain, ont, pour leur part, refusé de faire marche arrière et ne croient aucunement à la sincérité des intentions du gouvernement.
« Ces mesures, on en a déjà entendu parler depuis l’époque d’Ouyahia. Mais nous n’avons jamais vu leur effet sur le terrain. Nous ne voulons des mensonges et des fausses promesses. Nous réclamons de dialoguer avec les véritables décideurs de notre pays pour que nos revendications soient prises en considération », confie à ce sujet Tahar Bel Abbès, porte-parole du comité national de défense des droits des chômeurs (CNDDC) à Ouargla et l’un des principaux organisateurs de la marche. « Jeudi, nous irons marcher pour dire aux autorités que nous ne nous sommes pas des séparatistes ou des terroristes. Nous irons manifester contre cette propagande médiatique qui salit notre image. Nous voulons nous exprimer librement dans notre pays et nous cherchons uniquement nos droits sociaux », a expliqué encore notre interlocuteur d’après lequel les habitants, notamment les jeunes, d’Ouargla vont adhérer massivement à cette marche. C’est dire que la colère populaire demeure intacte à Ouargla y compris après l’annonce du nouveau plan du gouvernement.
De nouvelles mesures encourageant l’investissement et l’emploi
De son côté, le gouvernement est revenu à la charge en annonçant qu’en plus des décisions prises par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, le gouvernement s’apprêterait à effectuer prochainement de nouvelles annonces dans les prochains jours. « D’autres annonces importantes seront faites dans les tous prochains jours jours par les hautes autorités du pays », a indiqué, en effet, le ministre de l’Industrie, Chérif Rahmani. Le ministre, qui s’est exprimé, mardi, en marge de la signature d’une convention avec l’opérateur Nedjma, n’a pas précisé la nature de ces décisions. Mais les journalistes présents ont compris qu’il s’agit d’annonces concernant l’emploi et l’encouragement des investissements. Les mesures vont être, apparemment, annoncées par le chef de l’Etat lui-même, annonce-t-on dans l’entourage du ministre.
Il est à rappeler qu’Abdelmalek Sellal a adressé lundi une note aux responsables des wilayas du Sud pour notamment privilégier le recrutement de la main-d’œuvre locale. Ces mesures s’inscrivent dans le but de prévenir toute forme de disparité salariale dont sont victimes les Algériens vivant dans le sud du pays. Ainsi, désormais, les entreprises faisant appel à des prestataires de services pour la réalisation des travaux de toute nature, sont tenues, selon cette instruction, d’inclure dans les contrats une clause portant sur l’application d’une grille des rémunérations qui ne saurait être inférieure à 80% de leur grille en vigueur pour des postes similaires.
En cas d’inexistence de postes similaires au sein de l’entreprise donneuse d’ordre, il est fait référence en matière de rémunération aux salaires versés dans la branche au niveau local, précise cette instruction. En matière d’emploi, les entreprises activant dans les wilayas du sud du pays sont obligés dorénavant à accorder la priorité dans leur recrutement à la main-d’oeuvre locale. « Le recours au recrutement d’une main-d’oeuvre hors wilayas n’est autorisé que dans la proportion des postes à pourvoir n’ayant pas de profil correspondant localement », a notamment expliqué, à ce sujet, l’instruction du Premier ministre.
Les wilayas du sud privilégiées pour les embauches
D’autre part, les besoins en main-d’oeuvre des entreprises implantées dans les wilayas du Sud, y compris celles dont les sièges sociaux se trouvent hors de ces wilayas, « doivent être obligatoirement satisfaits en priorité et notamment pour la main-d’oeuvre qui n’est pas hautement qualifiée par le recours à la main-d’oeuvre locale conformément à la législation en vigueur ». Enfin, en cas d’indisponibilité des profils demandés sur le marché du travail local, une dérogation « exceptionnelle » peut être accordée par le Wali, territorialement compétent, pour le recours à une main-d’oeuvre hors wilaya sur un rapport « dûment motivé, assorti de l’avis des services compétents de l’emploi ». Les employeurs sont tenus, par ailleurs, de notifier à l’agence habilitée, ou à la commune, tout emploi vacant, dans leur entreprise qu’ils souhaitent pourvoir, et de transmettre à l’agence habilitée les informations relatives aux besoins en main-d’oeuvre et aux recrutements effectués.