Unique candidat annoncé aux présidentielles, Ahmed Benbitour se dit prêt à toutes les éventualités mais considère que le meilleur scénario serait que les élections se tiennent en 2014.
Il n’exclut pas un scénario de «deuxième rang» qui verrait cette échéance se tenir autour de décembre 2013. Le candidat dit s’engager non pas «dans un péril» mais dans «un pari». L’ancien chef du gouvernement en lice pour les présidentielles croit en ses chances de remporter les élections.
Ahmed Benbitour affirmait hier s’être préparé à faire face à un président sortant mais le fait que ce dernier ne soit plus en lice change la donne et met le candidat Benbitour en meilleure position même si le temps «joue contre tout le monde».
Convaincu que la conjoncture plaide en faveur d’un changement pacifique, Benbitour, qui était l’invité du talk-show de la web radio de Maghreb Emergent, estime n’avoir pas fait d’erreur stratégique en annonçant prématurément sa candidature contrairement au reste de la classe politique qui tarde à se prononcer et qui reste dans l’attente d’une éventuelle révision de la Constitution.
Toutes les conditions semblent réunies pour un changement de régime, pense-t-il, puisque les «tenants du pouvoir » sont arrivés à la conviction que leur survie dépend d’une transition tranquille.
Les données en possession de Benbitour font ressortir que le pays pourrait «aller à la dérive » si le régime ne changeait pas. Un changement qui ne peut se réaliser qu’avec la réunion de trois conditions : la mobilisation, la synergie des forces et l’élément déclencheur.
Des conditions qui ne sont pas encore réunies en Algérie même si le pays n’est pas imperméable aux événements qui ont secoué la région et qui ont, selon Benbitour, contribué à faire changer de camp à la peur. Si le «printemps arabe» a épargné l’Algérie, c’est par la grâce de la rente pétrolière.
Le système rentier ne tiendra cependant pas longtemps et les Algériens devront, à terme, se préparer à des périodes moins fastes. Il ne sera pas facile alors de gouverner mais s’il est aux commandes du pays, Benbitour expliquera que le changement a un coût mais que le maintien du système rentier aura un coût cumulatif encore plus important.
Le candidat Benbitour, qui estime n’avoir pas plus d’informations que d’autres sur l’évolution de l’état de santé du président, dit cependant ignorer si l’armée comptait adouber un candidat ou pas mais semble certain que le jeu politique sera moins fermé que lors des précédentes élections.
Convaincu que l’écrasante majorité des Algériens est en attente de changement, Benbitour met toutes les chances de son côté en entamant un travail de proximité. Il dit ne pas avoir le temps d’attendre une éventuelle révision de la Constitution pour commencer à mobiliser.
Lui et son équipe sillonnent plusieurs régions du pays. Des cercles de soutien sont créés un peu partout pour porter le programme. Sa stratégie ? Mobiliser, se donner les instruments pour arriver au pouvoir et sécuriser le processus devant y mener.
Pour cela, il est question de former des sympathisants au processus de surveillance des élections pour contrer les tentatives de détournement de la volonté populaire. S’il est élu président, Benbitour n’a pas l’intention de mener d’opérations mains propres mais d’instaurer un nouveau système de gestion des affaires publiques.
Il compte également changer de doctrine de l’armée en lui donnant la possibilité d’intervenir en dehors du territoire national lorsqu’il s’agira de défendre les frontières. S’il n’est pas président, Benbitour maintiendra intacte la dynamique née de sa candidature et pensera éventuellement à la création d’un parti politique, si les conditions le permettent.