Assassinat des sept moines de Tibhirine : la deuxième repentance française

Redaction

Il aura fallu 17 longues années, l’équivalent d’une génération, pour qu’enfin toute la vérité sur l’affaire dite des «sept moines de Tibhirine», cyniquement mise sur le dos de l’Etat algérien, finisse par voir le bout du tunnel, et ce suite à une enquête journalistique – et non pas une enquête judiciaire – menée par des médias français.

Dix-sept ans que la vérité restait cachée. Dix-sept ans de mensonges. Dixsept ans durant lesquels les terroristes de l’ex-GIA étaient blanchis par certaines parties françaises. Dix-sept ans de pressions sur l’Algérie et d’embargo «politique» sur l’Etat algérien.

L’affaire des sept moines de Tibhirine assassinés, faut-il le rappeler, le 26 mars 1996 par un groupe terroriste appartenant au GIA, refait surface avec de nouvelles vérités dévoilées par les médias français suite aux témoignages d’anciens membres de l’ex-GIA.

Avant la chaîne française France 3 qui a fait tout un documentaire sur les sept moines de Tibhirine, l’hebdomadaire français Mariane avait rapporté, en premier, à travers une enquête menée par ses propres soins, de nouvelles vérités.

Selon ce magazine français, les moines de Tibhirine ont été victimes d’un attentat terroriste et non pas d’une bavure de l’armée algérienne, comme avaient tenté de le faire croire certains milieux politiques et militaires français ces 17 dernières années. Les témoignages d’anciens terroristes du GIA, publiés exclusivement par l’hebdomadaire français, confirment l’implication directe du GIA dans ces odieux assassinats.

Cela dit, les partisans du «Qui tue qui ?» avaient accusé l’armée algérienne d’avoir commis une « bavure « et causé la mort des 7 moines de Tibhirine. Le film documentaire de Sevrine Labatt et Malik Aoudia, diffusé dans la soirée de jeudi dernier sur la chaîne de télévision France 3, apporte la preuve du contraire et prouve que c’est bien le GIA qui a assassiné ces moines.

Ce documentaire est le fruit d’un travail de 15 ans, dans lequel sont recueillis des témoignages de personnes, dont Hassan Hattab, ex-émir de l’ex-GSPC, et qui attestent que c’est bien le GIA qui a commis ces assassinats. La justice française avait, auparavant, ouvert une instruction judiciaire sur l’assassinat de ces sept moines.

Au final, cette enquête de Severine Labatt et Malik Aït Aoudia est venue démontrer que contrairement aux accusations proférées ça et là, ce n’est pas l’armée algérienne qui a tué ces 7 moines mais bien le GIA.

17 ANS DE MENSONGES POUR FAIRE PLIER L’ALGÉRIE

Cachée depuis 17 ans et instrumentalisée par certains cercles français, la vérité a donc fini par être dévoilée. «Rendre à César ce qui appartient à César», telle aura été la finalité de cette enquête.

Selon les témoignages rapportés par d’anciens terroristes du GIA, les sept moines ont été d’abord enlevés, vers la fin du mois de mars 1996, au Monastère de Notre-Dame de l’Atlas, dans la wilaya de Médéa, avant d’être lâchement exécutés deux mois après.

Ce sont là des extraits de témoignages d’anciens terroristes du GIA qui viennent, par leurs vérités, déconstruire les allégations des cercles français qui avaient, pour cela, décidé d’un véritable embargo politique contre l’Etat algérien, l’accusant d’être l’auteur de ce massacre.

A vrai dire, dans l’Histoire française, les Français accusent souvent un grand retard avant de dévoiler les vérités. C’est presque après l’épuisement de toute une génération entière que les Français dévoilent les vérités. C’est une réalité prouvée dans les anales de l’Histoire de la France.

Pour ce qui est de l’affaire des sept moines de Tibhirine, les Français ont blanchi les terroristes du GIA durant 17 ans. Pis, ils ont même brossé un tableau noir de l’Algérie, allant jusqu’à provoquer un véritable embargo en s’adressant à des instances internationales pour faire pression sur l’Etat algérien dans le cadre de cette affaire et de celle du «Qui tue qui».

Maintenant, on assiste à une séance de rattrapage française, et ce par le biais des médias de l’Hexagone, alors que tout le monde attendait le contraire, c’est-à-dire le véritable travail qui devait être mené par le juge antiterroriste français Marc Trévidic, choisi pour mener une enquête en Algérie dans le cadre de l’assassinat des sept moines. Une enquête judiciaire qui n’avait abouti à rien.

Pourtant, le juge français avait bel et bien séjourné en Algérie et y a auditionné des personnes. Et il en avait fait de même en France. Parmi les personnes auditionnées, des ex-employés de l’ambassade de France à Alger. Toutefois, son enquête est tombée à l’eau.

Il aura fallu cette enquête journalistique menée par des médias français, dans un contexte empreints de défis à relever, pour que la vérité finisse par jaillir.

Selon un expert algérien en relations internationales, «les Français utilisent la vérité là où ils veulent et dans le temps qu’ils veulent, et le temps était venu pour que la vérité soit enfin rendue publique». Et d’ajouter : «Depuis 17 ans, les Français avaient tort, et durant toute cette période, l’Algérie avait raison. Ils ont caché la vérité durant 17 ans afin d’exercer des pressions sur l’Algérie.

Ils ont sciemment exploité cette affaire. Ils nous ont mis sous embargo et nous étions doublement victimes. Victimes du terrorisme barbare du GIA, du MIA, et victimes des agissements des officiels français dans le contexte politico-sécuritaire que l’Algérie traversait alors.» La position de la France, à l’époque, consistait à soutenir le terrorisme qui sévissait en Algérie, alors que le même terrorisme avait frappé la France, dans son antre, en 1995.

Lu sur Le Jeune Indépendant