La crise en Égypte rappelle ce qu’il s’est passé en Algérie dans les années 1990, quand les militaires avaient annulé les élections et emprisonné les islamistes. Le scénario qui se joue actuellement en Égypte rappelle, au premier abord,ce qu’il s’est passé en Algérie dans les années 1990. Sur le papier en effet, la comparaison semble inévitable. En janvier 1992, après un premier tour des législatives remportées par le Front islamique du salut (FIS), les militaires algériens annulent les élections et emprisonnent les islamistes.
En juillet 2013, l’armée égyptienne fait presque la même chose : elle chasse les Frères musulmans et le président islamiste Mohamed Morsi, arrivé un an plus tôt au pouvoir. En Algérie, le coup d’État militaire plonge le pays dans dix années terribles de guerre civile avec 150.000 morts : un scénario redouté aujourd’hui en Égypte. Pourtant, même si les deux situations sont comparables, l’Algérie d’il y a 20 ans n’a rien à voir avec l’Égypte d’aujourd’hui. « L’Égypte est une société beaucoup plus homogène que la société algérienne et les Égyptiens sont extrêmement pragmatiques, ils savent que pour sauver le pays, il faut à un moment ou un autre discuter et trouver un terrain d’entente », explique au micro de RTL Marc Lavergne, chercheur au CNRS ayant vécu plusieurs années au Caire.
Mais ce terrain d’entente semble aujourd’hui impossible en Égypte. En Algérie,plus de 20 ans après la guerre civile, les blessures n’ont toujours pas cicatrisé, et les militaires demeurent encore très proches du pouvoir.