La Kabylie sérieusement menacée par le terrorisme

Redaction

Lu sur Liberté

La cartographie terroriste a profondément changé dans la région. Incrustés dans les maquis et les villes, les terroristes ont réadapté leur mode opératoire.

La menace terroriste pèse sérieusement sur la Kabylie. Et pour cause, il ne se passe pas un jour sans qu’un mouvement d’individus suspects ne soit signalé dans le Djurdjura, la Soummam ou encore dans les alentours de Bouira. Il est vrai que les dispositifs de sécurité, chapeautés par l’Armée nationale populaire (ANP), ont été renforcés, mais les groupes armés semblent se restructurer dans les maquis. La veille de l’Aïd el-Fitr, plusieurs opérations de ratissage ont touché les hauteurs de la Kabylie, allant de l’Akfadou, Adekkar, Yakourène, Boubehir, Aït Yahia, Aïn El-Hammam, Lakhdaria jusqu’aux monts de Tirourda et Tizi Ichelladen.

Les services de sécurité ont même recouru, ce jour-là, à des bombardements intensifs dans les vastes forêts qui séparent Larbaâ Nath Iraten et Aïn El-Hammam. Et pour desserrer l’étau sur ces hordes sauvages, les terroristes ont lâchement assassiné trois policiers dans la paisible ville d’Azeffoun. Le lendemain, soit la nuit du doute, deux autres groupes ont été signalés dans les alentours de Tagounits d’Aït Yahia et dans la forêt d’Imoujane et de Berekmouche.

C’est alors que les services de sécurité chargés de la lutte antterroriste ont découvert de nouveaux points de passage et de nouvelles zones qui abritent les relais terroristes chargés de collecter l’information et toute la logistique d’appoint. Occupant des grottes et des caches difficilement accessibles, les terroristes continuent de se réfugier dans ces zones, pourtant nettoyées par l’armée et les patriotes.

Adaptant leur stratégie, les services de sécurité ont également multiplié les barrages et les points de contrôle, tout en s’appuyant sur les postes d’observation implantés sur les montagnes. C’est dire à quel point les groupes armés ont modifié et réadapté leur stratégie sur le terrain ainsi que leur déplacement surtout que leurs soutiens demeurent toujours actifs à travers toute la Kabylie.

Recourant souvent aux kidnappings et aux actes terroristes, ces groupes armés islamistes ont également changé leur mode opératoire, et ce, en se basant sur des opérations criminelles sporadiques ou encore en piégeant les points de passage des militaires et des patriotes avec des bombes artisanales ou encore en recourant aux embuscades qui sont souvent meurtrières.

D’ailleurs, si on se réfère à la seule période du mois du Ramadhan, ces phalanges de la mort, organisées en groupuscules composés de deux à quatre individus, ont eu du mal à sévir à cause de la vigilance continue des services de sécurité qui surveillent ces maquis boisés de la Kabylie. D’où ces actes terroristes qui sont perpétrés de temps à autre pour marquer les esprits, d’une part, et pour signifier leur présence ainsi que leur capacité de nuisance. Cette situation tend à s’aggraver avec l’émergence de groupes de bandits qui jouent pratiquement le même rôle que les terroristes et qui se spécialisent dans les kidnappings, le racket et le grand trafic de drogue et de véhicules.

Ces criminels sévissent notamment contre les personnes vulnérables et les commerçants, et ce, en usurpant l’identité des terroristes. Ce cocktail explosif crée un climat d’insécurité permanent en Kabylie qui voit, au quotidien, son cadre de vie se dégrader et son économie se réduire au simple commerce de boutiques.
Résultats : la menace terroriste, ajoutée au grand banditisme, souvent assimilé par les populations au terrorisme, ont poussé les investisseurs à délocaliser leurs activités vers d’autres villes du pays.

L’activité touristique a été également réduite et du coup le nombre de chômeurs a considérablement augmenté dans la région. Et l’assassinat des trois policiers à Azeffoun a ravivé la colère des populations locales. Les grèves générales et les marches organisées se veulent une énième interpellation de l’État pour prendre ses responsabilités afin d’endiguer ce fléau dans cette Kabylie meurtrie.

F. B