L’acteur Hassen Kechach a déploré que dans notre pays l’absence d’une presse spécialisée ou encore d’une chaîne de télévision culturelle qui diffuserait des films algériens et qui peuvent constituer un pont entre le public et les artistes et booster les activités culturelles qui se déroulent en réalité dans un cercle clos.
La problématique de la relève dans le cinéma algérien risque de se poser aujourd’hui pour combler le vide que pourrait laisser les quelques grands noms qui ont marqué par une interprétation de qualité nos écrans depuis les premières années de l’indépendance à nos jours, quelques visages qu’auront immortalisé les caméras de la flopée de cinéaste disparaissent à tout jamais et la question de leur remplacement par des artistes de talent pourrait sonner le glas d’un cinéma qui a certes connu ses heures de gloire mais dont il faut convenir qu’il a beaucoup peiné à sortir à l’échelle mondiale du lot des meilleurs ventes avec de super productions.
Pour discuter de ce sujet crucial s’agissant de l’avenir du cinéma algérien, un débat en présence d’une assistance clairsemée a été animé hier par notre collègue Abdelkrim Tazaroute avec un invité comme l’acteur Hassen Kechach connu pour le rôle qu’il a campé dans le film d’Ahmed Rachedi retraçant l’épopée guerrière du Chahid Moustapha Ben Boulaid. Ce dernier a entamé la discussion en évoquant la nécessaire complémentarité entre les artistes comédiens et les médias qui lors des festivals organisés dans d’autres pays ont un rôle capital dans l’encadrement et le sponsoring d’une œuvre cinématographique.
Il a déploré que dans notre pays l’absence d’une presse spécialisée ou encore d’une chaine de télévision culturelle qui diffuserait des films algériens et qui peuvent constituer un pont entre le public et les artistes et booster les activités culturelles qui se déroulent en réalité dans un cercle clos.
Il a en outre constaté l’existence d’une production de films fût-elle restreinte que les algériens en raison du manque de salles n’ont pas le loisir de voire, une production sporadique qui se limite à des avant-premières et quelques projections dans certaines villes alors qu’il reçoit sur facebook beaucoup de commentaires de cinéphiles à l’étranger qui ont eu vent d’un film., d’autres part les producteurs de spectacles ne donnent pas assez d’importance à la promotion et à la distribution comme cela se fait ailleurs dans temps records avant la sortie des films avec notamment des émissions promotionnelles. L’acteur Hassen Kechache qui a interprété au cinéma plusieurs personnages intéressants, parlera de son expérience déterminante aussi bien sur le plan professionnel que personnel, une riche expérience qui l’a fait connaître au public algérien et qui a nécessité rigueur et responsabilité avec le film historique sur Mustapha ben Boulaid sur un scénario de Said Bekhouche , un personnage emblématique de la lutte de libération nationale, qui fut pour lui un vrai rôle de composition avec l’expression de la profondeur de l’âme où il a dû se référer à des témoignages et même s’entretenir avec des membres de la famille du héros pour mettre en exergue la prise de conscience sur la guerre que menait cet homme pour les autres, il fallu se documenter sur les clivages politiques, les partis politiques etc. pour comprendre le contexte historique mais aussi le personnage complexe de Ben Boulaid qui était un militaire et un bon stratège et en même temps un père de famille : « Pour moi quand on parle d’une industrie cinématographique , là où il ya des guichets, là billetterie, là où il ya le box-office, là les réalisateurs et les producteurs cherchent de nouvelles têtes mais en Algérie on n’est pas encore là.
Lorsque j’ai joué ce personnage j’ai fait un travail de dosage et de réglage dans les différentes séquences du film et j’ai surtout voulu montrer au public un aspect de la personnalité de Ben Boulaid qui ne faisait pas la guerre pour être un héros mais pour la conviction qu’il avait en lui pour l’idéal révolutionnaire. Le personnage je ne l’ai pas interprété de façon linéaire mais comme un film qui pour être réussi, doit dégager de l’émotion car c’est cette dernière qui accroche vraiment le spectateur. »
Lu sur El Moudjahid