Revue de Presse. Algérie : SOS, maternité en danger !

Redaction

Quelle malédiction frappe les services de maternité ? Qui est responsable du décŁs des parturientes et des nouveaux nés Tizi-Ouzou et Mostaganem ? Faut-il mettre a au compte du personnel soignant ? Difficile d’établir le lien de causalité entre la mort d’une parturiente ou celle de son enfant et les conditions de sa prise en charge. Seule l’investigation est en mesure de le faire.

Encore une fois, la clinique publique de gynécologie obstétrique Sbihi Tassadit de Tizi Ouzou, lance une enquête après un nouveau décès d’une parturiente.

L’enquête a été ordonnée sous la pression de nombreux citoyens venus protester devant la clinique à l’entrée de laquelle une banderole a été accrochée et sur laquelle on pouvait lire « la Clinique Sbihi est un abattoir ».

La question est de savoir si réellement les autorités se servent des résultats des enquêtes entreprises à chaque fois qu’un tel drame survienne. Pour rappel, au mois de février dernier, une première enquête a été ouverte dans cet établissement, suite au décès de 4 parturientes depuis la fin décembre 2011, refusant de comptabiliser les deux autres décès hors établissement Sbihi.

Abdelaziz Ziari, alors ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, avait rendu une visite de travail dans la wilaya de Tizi Ouzou, où il avait tenté de minimiser la gravité de la situation en expliquant que la mortalité n’est pas au-dessus de la moyenne nationale.

Pour lui, cela représente une norme en dessous de la moyenne de mortalité nationale, en terme d’incidence de mortalité maternelle, qu’en est-il de la maternité de Lalla Kheira à Mostaganem qui enregistre 3 à 4 décès de nouveau-nés chaque jour ?

En effet, pas moins de 200 nouveau-nés en l’espace de deux mois, selon les chiffres obtenus du service de l’état civil de l’APC de Mostaganem, il ne se passe pas un jour sans que l’on ne déplore moins de trois à quatre décès de nouveau-nés quotidiennement.

Nul ne peut prétendre que ce taux de mortalité soit ordinaire. En effet, les services qui prennent en charge les malades notamment au niveau des maternités sont surchargés, ce qui reflète une réalité que personne ne peut nier au niveau des cliniques en question.

La maternité de Lalla Kheira, à elle seule, subit une charge énorme qui se traduit par un nombre considérable de malades engendrant une difficile prise en charge en raison de l’afflux considérable des femmes enceintes au moment de l’accouchement, qui viennent des quatre coins des communes et même parfois, des wilayas limitrophes.

D’après certaines sources à l’intérieur de l’établissement, il existe un manque flagrant de personnel médical et paramédical.

Les registres de l’état civil démontrent que pour la période allant de juillet jusqu’au 28 septembre 2013, pas moins de 200 nouveau-nés dont la plupart sont des mort-nés. S’agissant de la clinique Sbihi, avec une capacité d’accueil de 72 lits « exigüe », subit une pression de plus en plus forte du fait qu’elle est devenue le récipiendaire de toute la région.

Que ferait le successeur de Ziari, qui vient à ordonner une opération  » d’évaluation rigoureuse », pour identifier les problèmes majeurs, avant la mise au point d’une feuille de route qui sera annoncée, la semaine prochaine, au cours d’une réunion avec les responsables du secteur, a indiqué le ministre ? C’est wait and see

Lu sur Les Débats