Dans un discours prononcé devant les Etats membres de l’ONU, le Dr Joanne Liu, présidente de Médecins sans frontières, a durement taclé la réponse internationale à l’épidémie d’Ebola.
Six mois après son début, le monde est en train de perdre la bataille contre la pire épidémie d’Ebola de l’histoire. »
Ce terrible constat, c’est le Dr Joanne Liu, présidente internationale de Médecins sans frontières qui l’a fait ce mardi 2 septembre dans un discours prononcé devant les Etats membres de l’Organisation des nations unies.
Elle a dénoncé dans des termes très forts le manque de ressources internationales qui de fait laisse les ministères de la Santé et les ONG seuls face à une épidémie d’une ampleur sans précédent. En creux, elle a également taclé les annonces de faible impact de l’OMS.
« Le 8 août, l’OMS a déclaré que cette épidémie représente une ‘urgence de santé publique de portée mondiale’, mais ceci n’a pas donné lieu à une réponse significative. De fait, les Etats ont rallié une sorte de coalition mondiale de l’inaction. »
La responsabilité des gouvernements qui ont les moyens
Elle a particulièrement insisté sur le fait que « les promesses de financements et le déploiement de quelques experts ne peuvent pas suffire » à endiguer l’épidémie. Pour elle, les Etats qui ne sont pas directement concerné par l’épidémie doivent endosser la responsabilité « à la fois politique et humanitaire d’offrir une réponse concrète à cette catastrophe ».
Au lieu de limiter leur réponse à la gestion de l’éventuelle arrivée d’un malade dans leur pays, ces pays devraient saisir l’occasion d’intervenir là où c’est nécessaire : en Afrique de l’Ouest. »
Les mots sont durs, mais justifié par la situation dans les pays les plus touchés par le virus Ebola où les ONG et les services de santé gouvernementaux sont littéralement submergé par le nombre de cas qui ne cesse de croître. À l’heure actuelle, 1.552 morts et 3.069 cas d’Ebola ont été recensés par l’OMS. Un chiffre que l’Agence internationale elle-même estime largement sous-estimé. Selon elle, l’épidémie pourrait à terme toucher 20.000 personnes.
L’horloge tourne et le virus Ebola est en train de gagner. »
Le nombre de centres de prise en charge des malades disposant de structures d’isolement et de personnel qualifié est très insuffisant. À tel point que « chaque jour, nous devons refuser des malades parce que notre centre est plein, décrit Stefan Liljegren, coordinateur MSF à dans un centre à Monrovia. J’ai dû dire aux ambulanciers de m’appeler avant de transporter les patients, quel que soit leur état de santé, car souvent nous ne pouvons pas les accueillir. »
À titre d’exemple, le centre auquel il est affecté, ELWA3, dispose de 160 lits. Or MSF estime que rien pour Monrovia, il en faudrait au moins 800 supplémentaires.
« L’horloge tourne et le virus Ebola est en train de gagner, conclut le Dr Liu. Le temps des réunions et de la planification est fini. Il est maintenant temps d’agir. Chaque jour d’inaction entraîne plus de décès et le lent effondrement des pays touchés. »
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