Revue de Presse. Le drame des femmes dans les maternités

Redaction

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Est-ce que les maternités en Algérie sont suffisantes pour faire face à la «demande»? Dans quelles conditions les femmes algériennes mettent au monde leurs enfants ?

Pendant que sous d’autres cieux des maternités ferment faute de «rentabilité», la situation en Algérie est à l’opposé de cette problématique. Un besoin pressant se fait sentir en structures où la femme peut accoucher et être prise en charge dignement. Nous avons visité plusieurs hôpitaux à Alger et la situation n’est vraiment pas reluisante.

Un médecin interrogé sur la question nous répond: «Le manque de place se fait sentir tous les jours. Il est rare qu’elle puisse bénéficier d’un lit à elle toute seule.

Elle est souvent obligée de le partager avec une autre femme ou même pire que ça, de prendre une chaise, voire rester debout.» Oui, c’est ce qui arrive chaque jour. «Elle est obligée de se trouver une petite place à côté de deux ou trois femmes qui viennent d’accoucher», enchaîne Imane B., un autre médecin gynécologue.

INSUFFISANCE DE PLACE

Mais comment expliquer ce manque de places? Le médecin nous livre quelques explications. «C est surtout dû au fait que la population ne fait qu’augmenter. Les habitations de type Aadl se remplissent.

On pense laisser de la place pour des commerces au bas des immeubles, mais pas à construire des maternités», explique-t-il en enchaînant: «Les maternités ne peuvent pas faire face à la demande, beaucoup de quartiers nouveaux ont vu le jour sans que cela soit suivi de nouvelles structures pour faire face à la demande».

En effet, il n’y a qu’à voir du côté de Baïnem, à l’ouest de la capitale. Il y a six mois, les immeubles étaient vides. Et là, nous sommes passés. Ils sont tous habités. Les médecins que nous avons interrogés sont unanimes: ils pensent que c’est le principal problème. «Ce n’est pas un problème de personnel hospitalier parce qu’on est assez nombreux», témoigne Imane B.

Pour le docteur Leila N.: «Le médecin doit souvent faire face à ce manque de place. On ne peut pas refuser une femme sur le point d’accoucher sous prétexte qu’il n’y a pas de places, car en l’envoyant ailleurs, non seulement elle risque d’accoucher dans la rue, mais en plus ailleurs » ce n’est pas forcément meilleur, car nous savons que toutes les maternités souffrent du même problème.»

Contrairement à ce problème de surcharge, il y a des endroits où les maternités ne font qu’une moyenne de 10 accouchements par ans. De la maternité de Beau Fraisier. «La dernière fois par manque de places, le directeur de garde de cette maternité a fait appel aux autres maternités.

C’est comme ça qu’on a découvert la présence d’une maternité qui demandait qu’on lui envoie les multipares». Juste les multipares, parce qu’il n’y a pas de médecins? Que de sages-femmes à Beau Fraisier? Et là c’est un autre aspect encore plus dramatique, car pourquoi alors construire une structure pour ne pas l’exploiter?

LIVRÉES À ELLES-MÊMES

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’a l’étranger, il y a différents types de «maternités», celles disposant d’un bloc opératoire où des médecins sont présents pour faire face aux accouchements difficiles qui peuvent se terminer par une césarienne et d’autres maternités qui n’en disposent pas où l’on accueille les femmes qui ne ne présentent aucun problème après une grossesse bien suivie. En général, ce sont des femmes qui ont déjà donné naissance à plusieurs enfants (les multipares).

Chez nous, il n y’a pas de «cartographie» pour envoyer des femmes à la maternité concernée…. d’ailleurs, «en général, nos maternités sont une structure faisant partie de l’hôpital.

Ce qui d’un côté est bien pour les accouchements supposés difficiles, mais pour les autres, une simple maternité aurait suffi où des sages-femmes auraient fait l’affaire mais disposant d’une ambulance pour évacuer la patiente lorsque son état pose problème», fait savoir le Dr Leila N.

Il n’y a pas que ça, d’autres carences incroyables sont apparues! Le pire, «c’est qu’il est déjà arrivé qu’on fasse des gardes sans infirmières et sans matériel pour les accouchements», témoigne-t-on.

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