Scènes de vengeances à Bordj Badji Mokhtar

Redaction

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Bordj Badji Mokhtar

Les violences tribales à Bordj Badji Mokhtar ont fait 25 morts en une semaine. 

Une semaine après le déclenchement des hostilités entre Touareg et Arabes issus des deux tribus Adhan et Barbiche à Bordj Badji Mokhtar, on déplore 25 morts et plus d’une centaine de blessés, tandis que les scènes de vengeance se propagent dans la ville, voire au-delà de la frontière avec le Mali où tout a commencé.

Au huitième jour des violences meurtrières ayant impliqué les deux tribus Adhan (Touareg) et Barbiche (Arabes) et qui, jusqu’à présent, ont fait 25 morts et plus de 100 blessés, la situation demeure toujours tendue, cela au moment où des actes de vengeance sont en train de s’amplifier, et ce, malgré la présence des forces de sécurité mobilisées suite à cette situation. En effet, nous avons appris hier auprès de témoins par téléphone que de nouvelles violences ont éclaté dimanche dernier et se poursuivent toujours entre les deux tribus. Des violences qui ont causé la mort de huit autres personnes à Bordj Badji-Mokhtar, toujours selon les témoins.

Ce rebondissement de la situation intervient en dépit d’un accord signé entre les deux tribus pour mettre fin aux violences. Parmi les huit nouveaux cas de décès, deux personnes ont été tuées, lundi passé, après qu’un homme a foncé à bord de son 4X4 sur un groupe d’habitants de cette ville située à 2 200 km au sud d’Alger, à la frontière avec le Mali. Alors que dimanche, six personnes ont également péri dans des affrontements. Selon des témoins joints par téléphone, les violences tribales ont causé la mort de plus de 25 personnes depuis plus d’une semaine. De source officielle, on annonçait samedi passé que les affrontements avaient fait huit morts et 41 blessés, dont six dans un état grave. Aucun nouveau bilan n’a été publié depuis.

Toujours selon les mêmes témoins, les affrontements qui se poursuivent toujours sont de plus en plus violents. En face, les forces de sécurité, qui ont procédé à une centaine d’arrestations en fin de semaine, peinent à maintenir le calme dans la ville. Dès que la gendarmerie quitte un quartier, les violences reprennent. Pourtant, les autorités ont envoyé en fin de semaine dernière 2.000 membres des forces d’intervention pour arrêter les violences, qui se sont poursuivies malgré un accord signé vendredi dernier pour mettre fin aux tensions entre les deux tribus.

Depuis vendredi soir, les forces de sécurité ont instauré un couvre-feu et bouclé la ville. Depuis, Bordj Badji Mokhtar est complètement isolée. La population commence à manquer de produits de base car de nombreux commerces ont été détruits, indiquent plusieurs témoins. Les pénuries sont aussi la conséquence de pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région il y a une dizaine de jours détruisant plus de 200 maisons. La polyclinique de Bordj Badji Mokhtar souffre d’une pénurie de médicaments de premiers soins, après que l’établissement eut pris en charge les victimes des inondations et des affrontements de ces derniers jours. La wilaya d’Adrar, dont dépend cette agglomération, a envoyé des convois de médicaments et de divers produits pour réapprovisionner la cité.

Des difficultés aggravées par une grève des transporteurs routiers qui dénoncent les nouvelles mesures de rationnement du carburant effectives dans la wilaya. Pour parer au trafic de carburant, subventionné en Algérie et revendu à prix d’or dans les pays voisins, les autorités rationnent l’or noir dans les régions frontalières.Par ailleurs, des appels à la réconciliation ont été lancés par des notables et représentants de la société civile, dont le cheikh Moulay Touhami Ghitaoui, membre du Haut conseil islamique (HCI) et président de la commission nationale des sages et notables. Le bureau communal de l’académie de la société civile de la commune de Bordj Badji Mokhtar a, quant à lui, qualifié ces tensions de véritable discorde semée par des parties occultes, dans un communiqué qui appelle à l’ouverture d’une enquête. Pour rappel, les tensions entre les deux tribus ont éclaté mardi 13 août après une tentative de vol dans un magasin de l’artère principale de la ville commise par un jeune appartenant à la tribu Adhan.

Lu sur Le Jeune Indépendant