“Surfer pour la paix” et sortir les jeunes surfeurs algériens de la galère

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Une jeune algérienne va participer à partir de samedi au Surfing 4 Peace Summit 2014, une semaine d’échanges et d’activités qui regroupe dans le sud de la France des surfeurs issus de tout le bassin méditerranéen, dans le but de promouvoir la paix. L’occasion de saluer l’initiative, mais aussi de faire un point sur la situation compliquée du surf en Algérie.

Elle s’appelle Nadia, elle est franco-algérienne et va participer à partir de samedi à la première édition du Surfing 4 Peace Summit, une manifestation qui rassemble pendant une semaine une vingtaine de jeunes et de responsables provenant de huit pays du bassin méditerranéen – Turquie, Liban, Israël, Palestine, Algérie, Maroc, France et Italie – pour des démonstrations et des ateliers autour du surf.

“Nous avions explicitement invité plusieurs surfeurs algériens, mais ils ont été contraints de refuser en raison de la participation d’une délégation israélienne,” explique Samuel Jacquesson, organisateur de l’événement. “Individuellement ils souhaitaient venir, mais leur entourage craignait de mauvaises retombées en terme d’image, surtout dans le contexte actuel.”

Promouvoir la paix au Proche-Orient, c’était pourtant l’objectif de Dorian Paskowitz lorsqu’il a lancé en 2007 le mouvement “Surfing 4 Peace”. Révolté par un article du Los Angeles Times qui racontait l’histoire de deux jeunes Palestiniens obligés de se partager la même planche de surf, la légende de la glisse a décidé de leur venir en aide en organisant un très médiatique convoi d’acheminement de matériel entre Israël et Gaza. L’idée était née, et le concept a fait depuis de nombreux émules, avec notamment la création en 2012 d’une antenne européenne basée en France.

“Les surfeurs algériens peinent souvent à trouver une planche”

“Le but est de structurer et de pérenniser le mouvement,” détaille M. Jacquesson, président-fondateur de cette association relais baptisée “Surfer pour la paix”. “Nous souhaitons montrer qu’il est possible de rassembler une communauté de passionnés au-delà des clivages culturels, religieux et politiques.”

Pour cela, le collectif croit aux vertus du voyage dans l’ouverture d’esprit et l’éveil des populations à une certaine conscience politique. Ce message se retrouve dans le choix des pays participants au « Summit », aux frontières souvent fermées et où il demeure difficile d’obtenir des visas pour l’étranger. Une grande partie des actions de “Surfer pour la paix”, financées intégralement sur fonds privés, consiste également à fournir du matériel dans des pays où il est difficile d’en trouver, comme en Algérie.

“Le potentiel est incroyable et la communauté existe, mais souvent les surfeurs algériens peinent à trouver une planche et doivent demander à des cousins qui vivent à l’étranger de leur en ramener,” confie Samuel Jacquesson, surfeur itinérant qui connaît bien le pays pour l’avoir traversé plusieurs fois.

“Une goutte d’eau dans l’océan”

A partir de dimanche, journée internationale de la paix, les différentes étapes conduiront les représentants de cette éclectique communauté méditerranéenne du surf de Marseille à Biarritz, en passant par Bordeaux. La première journée sera consacrée à des activités de découverte, suivie d’une parade de “stand-ups” – longue planche sur laquelle on avance debout avec une grande rame – dans le Vieux Port de la cité phocéenne.

La caravane prendra ensuite la direction de l’Atlantique, en s’arrêtant en chemin pour différentes actions pédagogiques. Les jeunes auront ensuite l’occasion d’acclamer les plus grands surfeurs de la planète venus pour la 9e manche de la Coupe du Monde, qui se déroulera jeudi à Hossegor (Pyrénées-Atlantiques), avant que les dirigeants de plusieurs clubs des pays du bassin méditerranéen se retrouvent le lendemain à Biarritz pour signer une charte d’adhésion à un programme d’échange. Ce dernier prévoit la mise en place de nombreux partenariats pour permettre à des jeunes des rives sud et est de venir régulièrement à la rencontre de leurs homologues européens, et réciproquement.

“Nous sommes conscients que cette vingtaine de privilégiés ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’océan,” conclut Samuel Jacquesson, qui partage actuellement son temps entre la France et le Brésil, où il espère bien développer prochainement une antenne de “Surfer pour la paix”. “Nous sommes jeunes et il faut bien commencer quelque part. Mais l’intérêt est de se développer à grande échelle et que nos actions profitent à des milliers de jeunes à travers le monde.”