Comment la communication a pesé sur la guerre contre Israël ?

Redaction

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L’analyse d’un long documentaire intitulé « Israël et les arabes » produit par ARTE en 2006, révèle un fait très important  qui interpelle fortement. En plus des ruses sémiologiques et terminologiques très subtiles voir subliminales, que les médias occidentaux emploient inévitablement lorsqu’il s’agit des arabes, le documentaire dévoile un aspect très troublant…Et si les premières grandes défaites  de notre nation étaient dues en partie à des erreurs de communication?

A priori, une telle affirmation peut s’apparenter à une tentative presque désespérée, d’un « spécialiste » de la communication qui vise à valoriser son domaine dans les pays arabes, en lui donnant une immense importance stratégique …

Pourtant les deux cas qui seront cités révèlent sans le moindre doute, à quel point deux erreurs de communication, ont très lourdement pesé sur le cours de la guerre. Ou du moins, sur ses premières phases.

Le 09 avril 1948, les sionistes ont perpétré le célèbre massacre  de Deir Yassin. Cette sauvagerie avait pour but, entre autre, de terroriser la population et de neutraliser la lutte des différents villages. Les palestiniens y ont perçu une opportunité à ne pas laisser passer : selon le témoignage de Hazem Noussaibi (radio  palestinienne à l’époque), il a été décidé après la recommandation de Hussein Fakhri Khalidi, un des grands notables palestiniens, de « surmédiatiser » ce qui s’est passé à Deir Yassin, dans le but de persuader les états arabes de la gravité de la situation, ce qui les pousserait à intervenir militairement !

C’est là que se trouve la première méga-erreur de communication. Par ce message, ils voulaient toucher un public très restreint : les décideurs arabes. Mais ils ont utilisé des médias de masse, sans mesurer leur impact  sur les autres publics qui pouvaient être atteints. En règle générale, il faut toujours s’assurer de l’adéquation du média avec les objectifs et les segments qu’on veut atteindre. Si on commercialise une marchandise dans une seule ville, une communication nationale va créer une demande qu’on ne pourra jamais satisfaire. C’est comme tirer un missile pour tuer une mouche ! Sur un autre plan, les palestiniens n’ont pas du tout pensé à la réaction de la population. Une fois les atrocités décrites de manière exagérée diffusées, la population a été prise de panique. 750 000 Habitants (selon le même documentaire) ont fui leur pays pour devenir des réfugiés. Les sionistes ont vu 50% de la population fuir sans le moindre combat ! En 2012,  les camps de réfugiés sont toujours là…

La deuxième erreur historique concerne un principe fondamental de la communication interne : le langage commun. Dans une organisation moderne, toutes les sections d’une entité doivent communiquer selon un code que tout le monde peut comprendre.  L’informaticien doit se faire comprendre par le juriste, le comptable doit se faire comprendre par le communiquant ou le marketer…pour cela il faut mettre en place une plateforme commune, afin de fluidifier la circulation de l’information et la rendre compréhensible le plus rapidement possible.

L’année 1967, a connu la plus grande défaite des armées arabes contre Israël. Tout a commencé par la destruction de l’aviation égyptienne et une grande partie de ses forces terrestres ; ça a causé la perte du désert de Sinaï et Ghaza. Suite à cela, la Jordanie a perdu la vielle ville de Jérusalem ainsi que la Cisjordanie. Quant à la Syrie, elle a perdu le Golan…Tout ça aurait surement pu être évité, si le principe que nous venons d’expliquer (le langage commun) avait été respecté!

En effet, le général Nawfel (coté égyptien) alors chef-adjoint des opérations a affirmé, toujours dans le documentaire cité, qu’au moment où les quelques 180 avions ennemis ont décollé pour mener l’offensive, les jordaniens ont pu s’en rendre compte. Naturellement, ils ont envoyé un message codé à l’armée égyptienne pour la prévenir. Ceci, surement en conformité au traité de défense mutuelle, que les deux pays venaient à peine de signer (roi Hussein et Abdennasser). Seulement, et toujours selon le témoignage du général Nawfal, les égyptiens avaient changé leur codage la veille de l’attaque, sans même prévenir leur voisin et allié. Ils avaient eu un avertissement sans pouvoir le déchiffrer à temps !

Les défaites de la nation arabe et musulmane sont toujours très douloureuses. La douleur est multipliée lorsque les causes sont facilement évitables voir débiles.

 

Amokrane Mohamed Cherif